Tino Sehgal investit le Palais de Tokyo

 

Bonjour à toutes et à tous,

Comme je vous l’avais dit dans un article précédent, Tomabooks se transforme, le blog tend à devenir culturel.
C’est avec joie mais aussi de la peur que je viens vous parler d’une exposition d’art. Tino Sehgal au Palais de Tokyo, qui est ouverte jusqu’au 18 décembre.

Depuis l’automne 2016, le palais de Tokyo donne carte blanche à l’artiste britannique. Il va investir les 13 000 m² du palais qui a été entièrement vidé pour l’occasion. Cette exposition est plus humaine que matérielle. Une exposition radicale et intense !
Pour ce faire, Tino Sehgal présente ses œuvres et celles de ses amis qu’il a choisi d’inviter.

 

Une exposition sans œuvres d’art. Particulier non ? 

 

Et bien oui, Tino Sehgal n’est pas un artiste, ni un plasticien. Il est plutôt chorégraphe. Dans cette exposition, le spectateur est invité à marcher dans le palais seul ou accompagner. C’est par un rideau de perle que l’exposition débute, comme une invitation à entrer et à faire confiance à l’artiste. Puis explosion de couleur avec le plafond réalisé par Daniel Buren.

 

Daniel Buren exposition Tino Sehgal Palais de tokyo tomabooks

rideau de perle palais de tokyo tomabooks

 

 

 

 

 

 

This Progess, 2006. Le spectateur sera invité à suivre un enfant dans un immense couloir peint de blanc. Cet enfant lui posera une seule question. Personnellement, j’ai eu le jeune Lucien qui m’a demandé « Qu’est-ce que le progrès ». Cet enfant ne vous lâchera pas tant que vous n’aurez pas répondu. Il pourra même sembler insistant et vous vous sentirez comme harcelé.
Puis, une adolescente prend la relève pour parler de chose de la vie. Elle voudra connaître vos hobbies, vos peurs, vos rêves.
Ce petit avant-goût se terminera avec l’arrivée des adultes et de leurs questions plus réfléchis. Une femme nous a parlé des préjugés et de la difficulté à passer outre.
Puis, un vieil homme nous a parlé de sa vie d’avant, de ses regrets et de ses projets pour le futur.
C’est un dialogue permanent qui s’installe dans cette oeuvre. Bien sûr les préjugés et les doutes vont bon train. On se sent harcelé par les questions, on peut se sentir piégé. Je me suis surtout demandé si les intervenants étaient sincères ou si ils jouaient un rôle.
N’ayez pas peur, vous n’aurez pas du tout les mêmes questions et intervenant. Tino Sehgal a recruté plus de 300 figurants allant de 8 à 88 ans. 

 

Le sous-sol est la partie la plus particulière de l’exposition. Il faut absolument y aller seul quand on est vulnérable, ouvert aux autres et sans préjugés. 
This Associations, 2012. De nombreuses personnes marchent, courent dans la totalité du sous-sol. Ils chantent, parlent, chuchotent. Affiche exposition Tino Sehgal palais de Tokyo
On ne peut que se demander qui ils sont. Pourquoi courent-ils au son d’un chef ? Cette intervention donne une impression forte.
Serait-ce une secte, un groupe de chaman, une célébration ? Un peu tout à la fois selon moi.
Certains vont sortir du groupe pour vous abordez et vous parler. Un dialogue qui ne sera pas toujours cohérent et qui vous déstabilisera.   
Tino Sehgal nous fait réfléchir sur l’autre et la relation de groupe. Une relation qui tend de plus en plus à disparaître dans notre société.

 

Une exposition qui joue sur diverses sensations

 

This variation, 2012. Une partie de l’exposition que je n’ai pas pu faire jusqu’au bout… 
L’artiste invite le spectateur à entrer dans une pièce plongée dans le noir complet. Des chants se font entendre. L’impression est forte et je suis resté sur place… Je ne pensais pas avoir peur du noir jusqu’à ce jour. 
On m’a expliqué par la suite ce que j’ai raté et je m’en veux un peu de ne pas avoir combattu cette sensation.
J’ai ressenti cette obscurité comme une agression… Peur de l’inconnu ? Peur de l’autre ? Sans aucun doute.

On affronte également l’humidité car une eau coule à intervalle irrégulier dans une pièce. Une flaque se forme au fur et à mesure et une vieille odeur d’humidité se repend dans les narines.

Dans une pièce cachée, un groupe d’homme répètent inlassablement cette phrase « This objective of this work is to become the object of discussion ». La phrase est citée de plus en plus rapidement, les hommes hurlent puis l’intensité baisse et les corps aussi. J’ai eu l’impression d’être face à la mort car les corps se recroquevillent. Le malaise est palpable…

Vous ressortirez de cette exposition complètement chamboulé, choqué. C’est une bonne dose d’adrénaline et de questionnement. Vous aurez envie, très rapidement, d’y retourner pour reprendre un shoot.

Rendez-vous ici pour plus d’informations.

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