L’île aux chiens de Wes Anderson

Bonjour à toutes et à tous,

L’île aux chiens est, sans aucun doute, le film que j’attendais le plus ce mois-ci. J’aime énormément le travail et le style de Wes Anderson, car il arrive toujours à nous faire embarquer dans des mondes différents, entre l’irréel et le réel.
Je pense qu’il est inutile de vous dire que ce film m’a fait de l’œil surtout pour son sujet et ses personnages…
Je ne vais pas m’étendre plus longuement sur cette introduction, mais je peux vous dire que j’ai vu le plus beau film de ce début d’année 2018…

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Synopsis :

En raison d’une épidémie de grippe canine, le maire de Megasaki ordonne la mise en quarantaine de tous les chiens de la ville, envoyés sur une île qui devient alors l’Ile aux Chiens. Le jeune Atari, 12 ans, vole un avion et se rend sur l’île pour rechercher son fidèle compagnon, Spots. Aidé par une bande de cinq chiens intrépides et attachants, il découvre une conspiration qui menace la ville.

Un travail d’orfèvre

Il n’y a aucune crainte à avoir, L’île aux chiens est bien un film de Wes Anderson, car on retrouve les caractéristiques du réalisateur. Celui-ci nous offre toujours un travail avec une symétrie parfaite dans les plans et des profondeurs parfaites. Il y a toujours autant de détails dans ces plans et tout est incroyablement vivant, donnant ainsi de la force à la composition.
L’île aux chiens est un travail d’orfèvre en terme de stop motion. Le style reste tout de même particulier quand on pense à le comparer au studio Aardman, mais c’est ce qui fait la singularité du travail de Wes Anderson. L’île aux chiens aura tout de même nécessité deux ans de tournages, une équipe de plus de 670 personnes, ainsi que de 130 000 photographies, afin de rendre l’ensemble vivant.

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Les couleurs sont quant à elles beaucoup moins pastels qu’à l’accoutumée. Wes Anderson tend vers des couleurs plus chaudes et vives donnant du Pep’s à l’ensemble, mais nous avons toujours l’impression d’être dans un monde fantasmé, l’atmosphère d’un Japon onirique vue par Wes Anderson. La couleur fait également écho au très beau travail réalisé sur la lumière et ses significations. Le réalisateur joue avec pour instaurer une ambiance particulière, parfois angoissante, parfois douce. Il s’en sert également pour mettre en lumière un fait ou un personnage, brisant par ce biais le quatrième mur.
Celui-ci est également brisé avec l’intervention de divers procédés pour nous interpréter ou nous fournir une traduction partielle des dialogues japonais. Tandis que les chiens sont humanisés et parlent aisément notre langue.
Ce film est également un vibrant hommage au Japon, à sa culture ancestrale, mais aussi moderne. L’île aux chiens renvoi aux grands réalisateurs nippons, tel que Kurosawa par exemple, mais également au film de monstre des années 50. On retrouve également une grande inspiration venue de deux maîtres de l’estampe de l’époque d’Edo au XIXe, tel que Hokusai.
Je vais évoquer le travail de Alexandre Desplat en quelques lignes, mais le compositeur rend hommage aux sonorités nippones, sans pour autant en faire une caricature. Cette musique appartient à l’univers de ce film et tout comme l’île poubelle, celle-ci donne l’impression d’avoir été réalisé avec différents éléments bricolés. Les tambours sont également très présents, donnant ainsi une profondeur supplémentaire à certaines scènes. Pour moi, la création de Desplat fonctionne à la perfection et celle-ci m’a permis de me projeter dans ce monde fantasmé.

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Prise de position

Outre l’aspect technique qui est formidable, ce sont bien les personnages qui font vivre ce film. L’île aux chiens présente une meute de chien alpha prêt à tout pour poursuivre une mission suicide. Wes Anderson nous propose une île peuplée des êtres les plus drôles et les plus étranges que le Japon ait pu connaître. Le tout possède un humour assez cynique, propre aux anglais, mais également une palette d’émotions assez larges. Si vous avez un chien, je pense que vous allez être extrêmement touché par cette histoire et certaines situations. Si ce film ne vous donne pas envie d’avoir un compagnon à quatre pattes, c’est que vous n’avez pas de cœur… Le chien est le meilleur ami de l’Homme et je pense que le réalisateur n’aurait pas pu faire mieux pour nous le faire ressentir. Un chien est et sera toujours à vos côtés quoi qu’il arrive.

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Wes Anderson en profite pour aborder des thèmes anciens et contemporains, qui font de L’île aux chiens un film pour les adultes. Déjà, il est question de notre rapport avec les animaux et plus particulièrement des chiens. Véritable plaidoyer en leur faveur, Wes Anderson nous pousse à réfléchir quant à notre relation avec cet animal. Le réalisateur réussit à les humaniser et donc à nous faire ressentir ce qu’ils ressentent. Il nous montre également que la relation que l’on a avec eux est, sans doute, la plus belle chose. Le chien est un être vivant et bon nombre semblent l’avoir oublié. Wes Anderson nous rappelle par le biais de cette histoire qu’un chien n’est pas un produit de consommation que l’on achète pour faire jolie et que l’on abandonne dès les premiers soucis (il suffit de voir le nombre ahurissant d’abandon lors des premiers départ en vacances…). Le réalisateur n’oublie également pas de nous parler des divers essais cliniques effectué sur les animaux et tout ce que cela engendre pour eux…
En parallèle, Wes Anderson évoque les grandes et terribles dictatures du XXeme, notamment avec le régime de terreur, de haine face à une race et l’utilisation des assassinats et des déportations. Cela semble encore plus coller à l’actualité, lorsque l’on voit ce qu’il se passe dans certains pays voisins…
Je ne vais tous les citer, mais Wes Anderson parle également de la lutte face au système, mais également de l’écologie.

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Wes Anderson nous livre, encore une fois, un bijou de cinéma. Le réalisateur pousse encore plus son génie dans L’île aux chiens pour nous proposer une pièce d’orfèvrerie impeccable. Je ne peux que vous conseiller de vous rendre au cinéma pour le voir et pour rêver. Si vous aimez la culture nippone et les chiens, ce film est fait pour vous. Je ne vous cache pas que j’ai encore plus envie de partager des choses avec mon propre chien… Bref, énorme coup de cœur pour ce long métrage et il sera, je pense, indétrônable.

4 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Léna Bubi dit :

    Merci pour la découverte, je vais essayer d’aller le voir, l’histoire promet d’être intéressante !! Puis j’adore les chiens :3

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    1. tomabooks dit :

      Alors tu devrais passer un beau moment ! J’ai envie de le revoir pour ma part 🙂

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  2. Chouette découverte, j’ai encore plus hâte de le voir du coup !

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    1. tomabooks dit :

      C’est mon film de 2018 pour le moment. J’ai ressenti tellement de choses ! Attention, tu vas vouloir avoir un autre chien :p

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