Dompteur d’anges de Claire Favan

Bonjour à toutes et à tous,

C’est l’heure de notre rendez-vous hebdomadaire autour de la littérature. Je pense que vous connaissez à me connaître, je suis assez friand de thriller, de découvertes et surtout d’auteurs ou autrices de nationalité française.
C’est au détour de la chronique de mon bon vieux Chris Pleack (que vous retrouverez ici) que l’envie de découvrir la plume de Claire Favan m’est venu. Il faut dire que la chronique en question est alléchante et qu’elle met en avant le côté psychologique de l’histoire, chose que j’adore. On pourrait alors croire que Chris Pleack devient un véritable influenceur littéraire !
Du coup, est-ce que je peux dire que Claire Favan a fait sensation lors de cette lecture ? Je vous dis tout dans cet article.

Condamné pour un meurtre qu’il n’a pas commis, Max Ender a été jeté en pâture à ses codétenus par ceux-là mêmes censés assurer l’ordre et la discipline au sein de la prison. Lorsqu’il est reconnu innocent et libéré, ce n’est plus le même homme. Il n’a désormais plus qu’une seule idée en tête : se venger de cette société qu’il hait par-dessus tout.

Une plume en constante évolution

Dompteur d’anges est une histoire sinistre de vengeance. Alors que l’on pourrait penser que le sujet de la vengeance a été abordé maintes et maintes fois, Claire Favan nous offre ici un nouvel aperçu de ce qu’elle peut être. Ici, la vengeance se mange très froide, mais surtout avec beaucoup de rancoeur. C’est ainsi que notre antagoniste va s’en prendre aux enfants de ses tortionnaires. Alors que l’on pourrait s’attendre à une exécution sommaire, Claire Favan nous offre un personnage machiavélique qui va enrôler et détruire psychologiquement de jeunes enfants, afin d’assouvir sa vengeance personnelle.
Ce qu’il y a de remarquable dans ce roman, c’est la façon dont l’autrice a assimilé les nombreuses influences littéraires, cinématographiques et sérielles que l’Amérique nous offre depuis de nombreuses années. Le fait que l’intrigue se passe au USA n’est pas anodine, puisque cela nous offre une impression de grandeur et de cavale hors norme. C’est simple, avec Dompteur d’anges l’autrice nous fait voyager à travers une Amérique grandiose et impressionnante.

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La plume de Claire Favan, mais aussi son travail sur le rythme est également à mettre au premier plan, car elle m’a vraiment conquise. On commence ce roman avec un jeune homme assez limité intellectuellement et la plume se calque sur le niveau de celui-ci. Nous avons donc une écriture simple, parfois familière et le rythme se veut rapide. Si bien que l’autrice use ou abuse d’ellipse, afin de nous montrer que l’intrigue évolue dans le temps et que son histoire se déroule sur une chronologie assez étendue. C’est avec ces nombreuses ellipses que ma première frustration arrive, car j’aurais voulu que l’autrice me montre un peu plus ce qu’il se passe en prison. On sent une violence sous-jacente, mais elle n’est pas exploitée à mon sens…
Cependant, la plume évolue encore un peu, puisque notre antagoniste sort de cette prison plus éduqué. Le ton change et on sent que ce personnage devient vraiment plus lettré et on commence à ressentir toute la cruauté et le machiavélisme de cet homme. Le rythme en reprendra un coup en plein milieu de l’intrigue et cela peut vraiment être surprenant et déstabilisant. Cependant, cette cassure du rythme est compréhensible, lorsque l’on met l’entièreté de l’histoire en avant.
Je trouve que Claire Favan offre un travail abouti et réfléchi avec son Dompteur d’anges. Du moins, en termes d’écriture pure.

Le point faible, selon moi, rejoint un peu ce que j’ai souligné précédemment. Dompteur d’anges manque cruellement de violence, alors que son sujet est assez dur. Peut être que c’est un choix délibéré de l’autrice, car elle estime qu’il y a déjà assez de violence comme cela, mais je trouve que c’est insuffisant pour appuyer le côté horrible et malsain de la situation. Certes, le personnage de Max détruit psychologiquement une poignée d’enfants pour en faire de petits soldats. Claire Favan insiste sur cette nouvelle éducation et sur quelques méfaits de cette nouvelle armée et c’est avec ces passages que l’on se rend compte de l’ampleur de cette vengeance et du cerveau malade de notre antagoniste.
Pourtant, il y a un gros travail effectué sur la psychologie des personnages tout au long de cette intrigue, puisque chaque personnage est unique, identifiable et cherchant à évoluer dans le bon ou mauvais sens. L’intrigue est intelligente et les sujets abordés sont intéressants comme la quête d’identité, celle de la vengeance personnelle ou encore de l’émancipation face à ses pairs. Certains choix d’évolutions sont même parfois surprenants et prouve de la qualité de ce roman. Il ne me manque juste un poil de violence pour que je sois face à un roman parfait.

 

Vous l’aurez donc compris, Dompteur d’anges est une véritable surprise. Claire Favan nous offre un roman travaillé, équilibré, dont les influences américaines se font ressentir. L’autrice a su me surprendre grâce à une plume en constante évolution tout au long de cette histoire. J’ai eu l’impression de faire un voyage sanglant en compagnie d’une famille de redneck en proie à une vengeance incroyable. On n’est pas loin du coup de coeur, voire du roman parfait, mais il manque un peu de violence à mon goût.
N’hésitez donc pas à vous pencher sur ce roman qui se lit assez rapidement (un après-midi pour moi) et à revenir ici pour en discuter.

3 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Pleack dit :

    J’ai lu la chronique depuis mon tel directement après que tu me l’aies dit !
    Elle est super et je suis content que tu aies apprécié le livre. Je ne pense pas que C. Favan soit quelqu’un de cru et le livre n’est pas là pour prôner la violence, bien que la situation peut s’y prêter. En revanche tu as su capter des choses que je n’avais pas vues ^^
    Mais je pense qu’au delà des sévices, la violence ici est vraiment psychologique et s’en prendre aux enfants, c’est l’acte le plus grave et cruel qu’il soit, d’autant plus avant qu’ils ne commencent l’adolescence. Tu peux les façonner de la façon que tu veux !
    Et ici c’est très bien transcrit 🙂
    En tout cas j’avais fortement apprécié ce bouquin !
    Et je te remercie une nouvelle fois de l’attention que tu mets à mon égard ! ^^. C. Pleack, influenceur littéraire 😀

    J'aime

    1. tomabooks dit :

      Ah oui qu’est-ce que j’ai capté contrairement à toi ?
      Ah oui la violence est psychologique, mais ça aurait tout de même pu aller plus loin (je suis sans doute un peu trop détraqué).
      Mais j’ai beaucoup apprécié ce roman et je pense me pencher sur les romans cette autrice pour m’en faire une idée plus large. Merci pour ton super conseil monsieur l’influenceur

      Aimé par 1 personne

      1. Pleack dit :

        Les influences américaines via le cinéma par exemple. Au cours de ma lecture je ne me suis pas spécialement posé la question de savoir pourquoi ça se déroulait aux états-unis ^^. Je sais que pas mal d’auteurs français le font et pourtant le point et l’accent que tu y mets est très juste et fort à propos ! 🙂
        Et oui t’es détraqué de ouf ! XD

        Aimé par 1 personne

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