Cabin Fever de Eli Roth (2002)

Cinq adolescents partent séjourner dans un chalet au fond des bois, sans savoir qu’un virus dévoreur de chair rode dans les parages.

Cabin Fever est le premier long métrage réalisé par Eli Roth (Hostel) et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce premier film a fait l’effet d’une tornade lors de différents festivals et qu’il a connu un certain buzz, notamment avec l’aide de David Lynch, de Quentin Tarantino, mais aussi de Peter Jackson qui ont su voir de nombreuses qualités dans ce premier essai.

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Hommage au cinéma des années 80

Eli Roth rend délibérément hommage aux films des années 70 – 80 et plus particulièrement aux réalisateurs Sam Raimi avec Evil Dead, ainsi qu’à Peter Jackson avec Braindead. Cet hommage est visible dans la forme et dans le fond, même si Eli Roth ne reprend pas l’aspect fauché de ces deux films. Cabin Fever se démarque par une qualité plus importante de l’image, bien que tourné en pellicule.
Cabin Fever démarre pourtant comme un teen movie classique des années 80, à savoir une bande de jeunes étudiants qui partent passer le week-end dans une cabane perdue au fond des bois. Eli Roth continue sur sa lancée des clichés en nous introduisant une bande de Redneck et une atmosphère assez loufoque (certaines scènes me perturbent encore). Déjà, on ressent pourquoi Cabin Fever a pu plaire à Quentin Tarantino, puisque le long métrage semble vouloir mélanger certains codes avec un cynisme assumé. Nous verrons par la suite que ce film va encore plus loin et qu’il pourrait entrer dans une célèbre duologie initiée par Quentin Tarantino en personne.
Je ne vais pas vous le cacher, mais la première partie du film semble tout de même assez classique. Eli Roth reprend quelques idées à Sam Raimi, tout en les exploitant d’une autre manière. On suit notre bande, très stéréotypée en passant, dans les différentes activités (sexe, partie de chasse, alcool et drogue). On sait d’avance ce qu’il va se passer, mais ce n’est pas cet aspect qui est le plus important dans le film. Cette première partie a pour but de nous plonger au cœur de cette bande d’amie et d’apprendre à les connaître, afin que la suite ait plus d’impacte sur nous.

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L’Homme est un loup pour l’Homme

C’est bien dans la deuxième partie que Cabin Fever devient très intéressant, car Eli Roth introduit l’horreur invisible, celui d’une maladie hautement transmissible et sacrément gore. Véritable hommage au cinéma de Cronenberg et plus généralement au Body Horror, Cabin Fever se démarque par une mise en scène sobre, faite de plan très large, afin de nous montrer que nos personnages sont enfermés dans cette forêt et surtout avec cette maladie. Le mal en question est tout simplement une Fasciite nécrosante, qui permet ainsi quelques scènes gore, mais surtout de mettre en lumière le magnifique travail qui a été effectué en termes de maquillage.
Cette épidémie sera un prétexte pour nous montrer toute l’individualité et la bêtise de l’Amérique moderne. L’Homme redevient un loup pour lui-même et il n’aura plus aucune notion d’amitié ou d’amour. La paranoïa et la peur de cette maladie fera complètement changer nos personnages. L’horreur invisible paraît tout de suite beaucoup moins horrible face aux diverses réactions humaines. Eli Roth tente également de nous montrer que la peur de l’inconnue gangrène un peu trop notre société actuelle, notamment avec le rôle que joueront les redneck du début.

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Cabin Fever semble donc être un très bon premier travail de la part d’Eli Roth. Ce mélange entre le Body Horror, le cynisme ambiant et quelques scènes sortant de nulle part montre toute la volonté d’en faire une oeuvre hybride de série B. Je pense que Cabin Fever a pu entrer dans le processus de création de Robert Rodriguez et de Quentin Tarantino pour leur projet Grindhouse datant de 2007 (Planète terreur et Le boulevard de la mort) , car je trouve que Cabin Fever représente parfaitement ce mélange des genres, l’aspect vieilli de l’image en moins.
Cabin Fever connaîtra donc un certain succès public et critique, si bien que deux suites verront le jour, ainsi qu’un remake datant de 2016.

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2 commentaires sur « Cabin Fever de Eli Roth (2002) »

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