Pandemia de Franck Thilliez : Hypocondriaque s’abstenir

Souvenez-vous, la semaine dernière, lors de mon avis sur Angor de Franck Thilliez, je me demandais si un auteur était capable de faire mieux roman après roman. La réponse avait été clairement que oui, surtout avec cet auteur.

Mais alors, est-il possible d’atteindre la perfection après quatre enquêtes ? Franck Thilliez avait envoyé du lourd avec son final dans Angor, alors la question est assez légitime… Je vous donne ma réponse dans l’article.

En attendant, vous pouvez retrouver Pandemia chez Fleuve Editions, mais aussi aux Editions Pocket dans son format plus petit.

Le résumé de l’éditeur :

Comme chaque matin, Amandine a quitté sa maison de verre pour les locaux de l’Institut Pasteur. Mais ce matin-là est particulier. Appelée pour des prélèvements à la réserve ornithologique du Marquenterre, la microbiologiste est déconcertée : trois cadavres de cygnes gisent sur une étendue d’eau. En forêt de Meudon, un homme et son chien ont été abattus. Dans l’étang tout proche, un sac de toile contenant des ossements : quatre corps en kit. Et pendant ce temps, une grippe à la souche non identifiable vire à l’épidémie et fauche jusqu’aux plus robustes du quai des Orfèvres, mettant à l’épreuve Franck Sharko et Lucie Henebelle

Pandemia : Hypocondriaque s’abstenir

Si Franck Thilliez semblait faire monter la pression et surtout s’améliorer de roman en roman dans cette saga autour de Sharko et Henebelle, je dois dire que Pandemia est le clou du spectacle !
L’auteur nous livre une enquête d’une incroyable tension, si bien qu’il est difficile de s’arrêter et de ne pas devenir paranoïaque… Si Angor m’avait semblé bien plus sage en terme d’écriture, Pandemia est son inverse totale, puisque la magie de ce roman passe par le vocabulaire et le rythme que Franck Thilliez fait passer. Ce roman donne l’impression d’être passé dans un rouleau à compresseur, d’avoir été pris dans une spirale infernale d’actions, de mots, si bien qu’on en ressort fiévreux. Les phrases fusent et bouillonnent, comme un virus qui se répand insidieusement dans l’atmosphère.

La plume marque le génie de l’auteur, puisqu’il réussit à faire interagir son style à son histoire. Si vous ne l’aviez pas compris, Franck Thilliez va se pencher sur les virus dans cette nouvelle enquête et plus particulièrement de la grippe à grande échelle, une pandémie… Pandemia va vous rendre paranoïaque comme vous ne l’avez jamais été. Vous allez observer les gens dans la rue, leurs faits et gestes. Vous allez vous méfier des éternuements, de la toux grasse et surtout vous allez vite devenir hypocondriaque, si bien que le gel hydroalcoolique deviendra votre meilleure amie.
Dans cette atmosphère de maladie et de paranoïa, Franck Thilliez nous fait suivre un nouveau personnage, Amandine une microbiologiste de l’Institut Pasteur qui est au première loge. Malheureusement, celle-ci doit se protéger outre mesure, puisque son compagnon vit dans une prison de verre, afin de n’attraper aucun virus… La paranoïa et la peur ne pouvait pas revêtir meilleur visage qu’avec ce personnage. On ressent toute sa détresse et son ambivalence scènes après scènes.

pandemia-franck-thilliez

Et l’enquête dans tout ça ?

Franck Thilliez reprend notre duo Sharko et Henebelle pour une nouvelle enquête qui suit de très près celle d’Atomka et d’Angor. Le dernier cercle semble s’ouvrir et le Mal à l’état brut se réveille pour attaquer l’humanité. Nous ne sommes plus face à un tueur en série qui s’en prend à une population bien précise. Non, ici nous avons affaire à un homme qui veut tout faire pour éradiquer une partie de la population, afin de repartir sur de bonnes bases. La thématique de l’eugénisme que nous avions pu déjà avoir dans les précédents opus semblent revenir en force ici.
L’homme en noir n’est pas seul dans la partie, puisqu’il va s’entourer d’un tueur tout aussi redoutable avec son bec d’oiseau et ses griffes à la Freddy Krueger… L’atmosphère de Pandemia est lourde, poisseuse, si bien que nous nous sentons pas vraiment en sécurité. La maladie est partout, invisible et semble n’attendre que nous…

L’idée de la maladie est déjà horrible en soi, mais les actions que mènent les tueurs sont assez répugnantes. Certaines scènes sont extrêmement graphiques et sales, mais je ne vous en dirais pas plus histoire d’éveiller votre curiosité malsaine… Attendez vous à vivre une véritable hécatombe avec Pandemia. Notre duo d’enquêteurs n’est vraiment pas à l’abri dans cette nouvelle affaire…

Oui, je vous somme de lire Pandemia de Franck Thilliez ! C’est un roman brillant où la plume de l’auteur magnifie l’enquête et ses thématiques. Si vous n’avez pas peur de l’infiniment petit, des virus et de la folie de l’être humain, alors ce roman est fait pour vous. Oui, Franck Thilliez est capable d’atteindre la perfection dans cette saga, Pandemia en est la preuve ultime…
Je ne sais pas comment l’auteur pourra faire aussi bien, voire mieux dans le prochain roman mettant en scène Sharko et Henebelle, mais j’ai hâte de lire tout ça…

4 commentaires sur « Pandemia de Franck Thilliez : Hypocondriaque s’abstenir »

  1. Le gel hydroalcoolique étant déjà mon ami de tous les jours je ne suis pas sure que je devrais lire ce Thilliez ! 😛 Très bonne chronique comme toujours qui donne envie de ce plonger dans cette enquête à la thématique inhabituelle.

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