Cinq films d’horreur réalisés par cinq femmes

Vendredi 8 mars 2019, Journée internationale de lutte pour les droits des femmes.

Constat amer de voir que nous en sommes encore là aujourd’hui… Les femmes ne sont toujours pas l’égale de l’homme, alors que nous ne sommes aucunement différents. Il est inconcevable de voir qu’il y ait encore un tel écart entre l’homme et la femme. Que ce soit en termes de droits, de libertés, de rôles dans la société. La femme doit se battre pour tout et tout le temps. Moins de temps de parole, moins de visibilité…

Tous les secteurs sont touchés par ce phénomène… Le cinéma n’est pas exempt de ce problème et c’est avec ma petite audience que j’ai décidé de mettre en avant cinq réalisatrices du cinéma d’horreur.

Cinq films d’horreur réalisés par cinq femmes

Simetierre de Mary Lambert

Vais-je réussir un jour à ne pas caler une oeuvre de Stephen King dans un mes tops 5 ? Je ne pense pas, mais il ne s’agit pas vraiment du maître de l’horreur ici, mais bien d’une adaption réalisée par une réalisatrice. J’aurais pu vous parler de l’épouvantable remake de Carrie de Kimberly Peirce, mais ce sera pour un autre moment.
Le cinéma d’horreur à cette faculté de marquer la rétine et les esprits à tout jamais… Je pense que Simetierre de Mary Lambert fait partie de ces oeuvres qui m’auront traumatisé. J’en ai des frissons rien que d’y repenser… Mary Lambert a su nous offrir une adaptation parfaite du roman de Stephen King en y incluant des passages horribles, comme celui de Zelda qui me restera en mémoire jusqu’à la fin de mes jours. La réalisatrice ne s’éloigne pas trop du matériel de base et a su retranscrire tout ce qui a fait le succès du roman éponyme. Mary Lambert nous plonge dans la noirceur, la peur de la mort et dans les abîmes, pour mieux nous parler du deuil

Mister Babadook de Jennifer Kent

Mister Babadook est la preuve qu’un projet porté par une femme a moins de chance d’aboutir dans nos salles obscures. Jennifer Kent, réalisatrice australienne, et son équipe ont pu faire ce long métrage grâce au crowdfunding
La réalisatrice maîtrise à merveille les codes du genre horrifique, afin de nous proposer une histoire simple, mais qui saura vous marquer. Jennifer Kent nous propose une plongée vertigineuse dans la vie quotidienne d’une femme élevant seul son enfant de sept ans suite au décès de son mari. C’est après la lecture d’un livre pour enfant que le cauchemar débute… Mauvais esprits ? Enfant possédé ? Mister Babadook se démarque par son ambiance, mais aussi par sa direction artistique qui m’a énormément fait penser à l’expressionnisme allemand.
Le film nous parle de sujet assez complexes comme le deuil, la maternité ou encore de l’amour d’une mère pour son enfant et réciproquement. La réalisatrice joue avec les codes pour nous perdre, pour nous faire perdre la raison. L’évolution psychologique des personnages est maîtrisée d’une main de maître, si bien que c’est cet aspect qui vous fera le plus peur… Mister Babadook est bouleversant, parfois drôle, mais surtout parfait.

La fin de Freddy : L’ultime cauchemar de Rachel Talalay

On l’oublie souvent assez, mais il y a bien eu un chapitre de la saga Freddy qui a été réalisé par une femme. Rachel Talalay n’est pas une parfaite inconnue pour cette saga, puisqu’elle avait œuvré dans l’ombre des quatre premiers chapitres en tant que productrice. La réalisatrice n’est donc pas propulsée dans un monde qu’elle ne connaît pas, mais ce n’est pas pour autant qu’elle hérite du meilleur projet… En effet, ce sixième épisode de Freddy devait être le dernier suite au bide commercial du cinquième, L’enfant du cauchemar
Sans entrer dans les détails, je dois dire que Rachel Talalay réussit à contenter tout le monde, que ce soit les fans de la première heure ou les autres. Elle réalise une suite qui a su cristalliser toutes les attentes en offrant un Freddy toujours aussi bouffon, voire peut-être encore plus dans cet épisode, tout en revenant plus en profondeur sur le personnage lui-même. C’est ainsi que la réalisatrice nous permet de découvrir l’homme avant de devenir le célèbre croque-mitaine.
Malheureusement, La fin de Freddy : L’ultime cauchemar sera souvent considéré comme le pire de la saga et Rachel Talalay ne retournera derrière la caméra que pour deux longs métrages (Le tueur du futur et Tank Girl).

Revenge de Coralie Fargeat

COCORICO ! Un peu de chauvinisme ne fait jamais de mal, notamment quand il est question de cinéma de genre. Revenge de Coralie Fargeat est le long métrage le plus récent de cette sélection, puisqu’il est sorti au cinéma en février 2018.
La réalisatrice montre qu’une femme n’est pas un être fragile, comme la société a pu nous le dicter, avec ce Rape & Revenge de qualité. Coralie Fargeat nous offre à la fois un film sanglant, violent, mais aussi un film symbolique sur la place de la femme dans notre société et sur son affirmation. La réalisatrice nous expose une jeune fille, une lolita, qui rejoint son amant et ses deux amis pour un week-end dans le désert marocain. Dès le départ, Coralie Fargeat va exploiter l’image de la fille sexy, de la bimbo que la société nous renvoi tous les jours, pour mieux le détruire. Une femme peut dire non, doit dire non et surtout on doit accepter cela. Revenge va alors nous montrer la transformation et l’affirmation d’une femme par la vengeance, par la violence, afin que le message passe mieux. Ce n’est pas toujours finement écrit, certaines symboliques sont grosses comme un bouton en plein milieu du front, mais ce n’est pas le plus important. Revenge a été écrit et réalisé par une femme et ça fait un bien fou !

Grave de Julia Ducournau

COCORICO Bis ! Comment pouvais-je passer après mon énorme coup de cœur pour le premier long métrage de Julia Ducournau ? Les films que je revois sans me lasser sont assez rare et Grave en fait partie. Chaque visionnage de film me marque de son empreinte et de sa beauté. Je n’attendais rien de ce film et j’ai été cueilli de la meilleure des façons.
La réalisatrice nous offre un premier long métrage fort, puissant et magnifique sur la sexualité, la découverte de son corps, de ses envies et de son affirmation.
Grave, c’est un travail de la lumière qui permet de tout exprimer sans passer par le dialogue. La violence de la sexualité s’immisce petit à petit devant nos yeux. La bestialité explose sans que l’on s’y attende vraiment. Le cannibalisme n’est qu’un prétexte pour nous parler de l’attrait pour la chair.
C’est avec une mise en scène soignée, ses choix de cadres, son ambiance oppressante et le talent de Garance Marillier que Grave marque autant le spectateur. J’attends avec impatience le retour de Julia Ducournau derrière la caméra !

Que peut-on espérer pour l’année qui arrive ? Que les femmes aient exactement les mêmes droits que les hommes, que les femmes aient le même salaire, que les femmes soient libres de tout… Est-ce un rêve d’espérer tout cela ?

13 commentaires Ajouter un commentaire

  1. princecranoir dit :

    J’aime beaucoup cette sélection. Les deux Françaises trouvent parfaitement leur place ici et n’ont pas à rougir de la concurrence anglo-saxonne.
    Pour ma part, j’ajoute mon petit faible pour « Jennifer’s body » de Karyn Kusama. 😉

    Aimé par 1 personne

    1. tomabooks dit :

      Et j’aurais pu en mettre d’autres, mais il fallait faire un choix et j’ai privilégié les nouvelles venues 🙂
      Ça fait un petit moment que je ne l’ai pas vu ! Il va falloir que je remédie à ça !

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      1. princecranoir dit :

        En général le film est assez peu apprécié. Pourtant, j’adore le ton irrévérencieux de ce film (essentiellement dû à la scénariste Diablo Cody) qui m’évoque une sorte de Carpenter au féminin.
        Si tu le revois je serai curieux d’avoir ton sentiment.

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      2. tomabooks dit :

        Je vais essayer de le regarder assez prochainement en gardant en tête la comparaison avec Carpenter 🙂

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  2. auroreinparis dit :

    J’étais sure de trouver « Grave » dans ce top. Il y a toute sa place. J’ai beaucoup aimé Mister Badabook aussi. Ces deux œuvres sont assez féminines à mon sens !

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    1. tomabooks dit :

      Je suis si prévisible ! Grave a véritablement été une révélation pour moi et je pense que la réalisatrice a un grand avenir devant elle 🙂.
      Mister Babadook, une des dernières grosses claques du cinéma horrifique. Propos intelligemment construit et acteurs parfaits. Bref, la réalisatrice se fait bien trop rare à mon goût…

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  3. Pleack dit :

    Mister Babadook est super c’est vrai !
    Bon souvenir avec ce film 🙂

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  4. HorreurGore dit :

    Honte à moi sur ce top 5, je n’en ai vu que deux 🙂 Depuis le temps que je veux voir Mister Bababook… il serait temps

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    1. tomabooks dit :

      Mister Babadook est l’une de mes dernières grosses claques horrifiques ❤️. Le travail artistique derrière ce film est incroyable !

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      1. HorreurGore dit :

        Je n’en ai entendu que du bien de ce film c’est pour cela que je voudrais vraiment le voir

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      2. tomabooks dit :

        C’est vraiment une œuvre d’art. Tu vas te régaler 😋

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  5. Le film « Grave » est clairement un chef d’oeuvre je trouve !

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    1. tomabooks dit :

      On est bien d’accord !

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