Mortuary de Tobe Hooper (2005) : Train fantôme burlesque

La famille Doyle prend un nouveau départ et s’installe en Californie. En reprenant une entreprise de pompes funèbres, ils vont se rendre compte qu’ils ont réveillé le Mal jusqu’alors tapi sous leur maison. La contamination du monde des vivants par le monde des morts a commencé…

Fort du succès de Massacre à la tronçonneuse (1973), mais aussi de Poltergeist (1982), Tobe Hooper a marqué le cinéma horrifique de son empreinte, même s’il restera toujours dans l’ombre de John Carpenter ou encore de Wes Craven. Si bien, que le réalisateur se fera de plus en plus rare dans nos salles obscures…
Tobe Hooper signe son grand retour
derrière la caméra en 2005 avec Mortuary et le résultat est sacrément déstabilisant.

Mortuary : Train fantôme burlesque

Mortuary est un scénario signé par Jace Anderson, ainsi que par Adam Gierasch et le moins que l’on puisse dire, c’est que les deux scénaristes ont tenté de faire un mélange un peu bâtard de différents sous-genre de l’horreur. C’est ainsi que l’on va se retrouver dans une maison mortuaire, infectée par une moisissure, par des morts-vivants, mais qui alimentera également une légende parlant d’un tueur vivant dans un des mausolées du cimetière. Rien qu’avec tout cela, on sent que le projet de Mortuary peut se casser la gueule en moins de deux. C’est sans doute toutes ces thématiques qui ont fait que Tobe Hooper ait accepté de tenir la caméra.
À vrai dire, il est difficile de donner un avis concret et d’analyser
Mortuary, tellement le film nous perd dans son ton et dans ses intentions. Est-ce un film qui doit être pris au sérieux ? ou alors un long métrage burlesque ? Car le moins que l’on puisse dire, c’est que Mortuary dispose d’une très bonne ambiance, reprenant les codes des séries Z des années 70, mais aussi avec l’imagerie gothique. On retrouve cette idée de saleté et de crasse cher à Tobe Hooper depuis le premier Massacre à la tronçonneuse. Malgré quelques soucis en terme d’effet numérique (je reste gentil), Mortuary dispose de maquillage plus que convaincant, en atteste l’aspect putride des cadavres de la chambre mortuaire. C’est véritable plaisir de revenir un peu à cet art du maquillage, qui a fait les beaux jours du cinéma d’horreur dans les années 70 et 80.
Au niveau de la réalisation, Tobe Hooper ne tente rien d’exceptionnel.
Mortuary est filmé simplement, souvent avec des cadres assez larges, mais toujours avec une légère teinte bleutée, apportant une touche supplémentaire à cette ambiance particulière. Cependant, le tout est assez convenu et surtout déjà vu dans un tas d’autres films horrifique. Il n’y a pas réellement de scènes jouant sur la peur ou alors elles sont généralement mal amorcées.

Si l’ambiance est maîtrisée, notamment avec son cadre qui s’y prête à la perfection, le film se perd un peu en longueur, surtout dans la première heure où il ne se passe véritablement pas grand chose. On suit un peu notre famille et surtout notre héros qui essaie de s’intégrer dans cette nouvelle ville, tout en essayant de se défendre face à une petite bande de punk. Le film se réveille à la toute fin, pour nous proposer un véritable train fantôme dynamique et assez dérangeant.
Souvenez-vous, je vous ai parlé d’un ton burlesque et c’est bien ce que dégage le film, mais d’une manière assez bizarre. L’humour est assez noir, mais il ne prête pas forcément à rire et c’est assez déstabilisant. On ne sait réellement pas sur quel pied danser avec
Mortuary. Il y a un ton décalé, des acteurs qui sont souvent en sur-jeu et le tout participe à l’ambiance générale du film qui tend vers le ridicule. Mortuary, c’est avant tout une galerie de personnage loufoque, renvoyant la plupart du temps aux personnages que Tobe Hooper a déjà exploité et dont certains pourraient descendre tout droit de l’univers de Twin Peaks.

Impossible d’en dire plus sur ce film ou du moins d’en donner un avis plus concret. Je n’arrive toujours pas à me dire ce que j’ai eu devant les yeux et c’est peut-être ce qui fait le charme de Mortuary. En tout cas, si le cœur vous en dit, ne vous fiez pas aux divers avis (sauf le mien) et lancez vous, afin que l’on puisse en parler.
En tout cas,
Mortuary n’a pas reçu un réel succès et c’est pourquoi Tobe Hooper n’est revenu derrière la caméra qu’en 2013 pour Djinn. Cet article est avant tout un prétexte pour rendre hommage à cet homme qui manque à toute la communauté horrifique.

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