Je tue les enfants français dans les jardins de Marie Neuser : Roman glaçant au programme

Une relation particulière existe entre Marie Neuser et moi. Le premier roman que j’ai acheté de cette autrice, n’était pas pour moi. Je dois dire que la couverture était sensationnelle, mais je n’avais pas forcément envie de découvrir ce qui se cachait derrière.

C’est en voyant la personne cachée derrière The Inside Moon dévorer le roman Délicieuse et en l’écoutant en parler que l’idée a fait un peu de chemin dans ma tête.

Vous savez, je suis long à la détente et il a fallu attendre les Quais du Polar et la rencontre avec Marie Neuser pour me lancer dans ce roman. Aujourd’hui, je vous parle de ma découverte avec Je tue les enfants français dans les jardins publié chez les Editions L’Ecailler et disponible aux Editions Pocket.

La 4eme de couverture

Lisa, jeune professeur d’italien, se rend chaque jour au collège comme on va à la guerre, avec, en guise d’armée ennemie, les élèves. Au fond de la classe, les garçons se disputent le rôle de commandant en chef en rivalisant d’insultes et de menaces. Du côté des filles, ce n’est guère plus apaisé : comment faire comprendre à une gamine de douze ans qu’elle ne doit pas se prostituer, même pour se payer des vêtements de marque? 
Seule solution pour survivre sur ce champ de bataille où règne la loi du plus fort, se forger une carapace, en attendant son heure… l’heure de la contre-attaque. 

Je tue les enfants français dans les jardins : Roman glaçant au progamme

Deux petites heures de lectures. C’est le temps que va mettre Marie Neuser pour vous casser en deux, pour anéantir tout espoir en vous. Je tue les enfants français dans les jardins, c’est 152 pages d’une noirceur sociale incontrôlable.
Vous l’aurez compris, ce roman a été une très bonne surprise, malgré la forme et la thématique du roman. Ce n’est pas que cela ne m’intéresse pas de base, mais tout simplement parce que c’est assez inhabituel pour moi de lire ce genre de roman. Je ne vais pas vous en dire trop sur ce livre de Marie Neuser, afin de vous laisser la surprise et surtout vous laisser prendre dans les filets de l’autrice.

152 pages, c’est court. Marie Neuser en profite pour aller à l’essentiel, pour nous cueillir dès les premières lignes. Je tue les enfants français dans les jardins annonce la couleur et ça va être tout noir. L’autrice use d’une plume affinée, parfois incisive et violente, mettant à mal notre âme. Ce roman parle des conditions de travail des professeurs et plus particulièrement dans les collèges sensibles. Je tue les enfants français dans les jardins est un appel à l’aide d’une profession qui est laissée à l’abandon. C’est l’histoire d’une prof, d’une bête de concours qui est lâchée sans une once de pédagogie envers les élèves. C’est une personne qui a une vision utopique du métier de professeur et qui se prend une énorme claque dans la face.

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Marie Neuser nous montre une femme qui est détruite psychologiquement par son métier, par ses conditions de travail et par la violence qui règne dans sa salle de classe. Cette jeune femme sombre dans la haine, dans la violence psychologique et physique. Les mots de Marie Neuser sont durs envers cette jeunesse qui n’est pas non plus aidée par la famille et le système scolaire qui les exclus très rapidement. Tout ce roman pourra paraître assez caricatural, mais il faut se mettre en tête que Marie Neuser est elle aussi professeur. Le tout est sûrement romancé, mais il y a toujours une part de vérité.
Le roman est par contre cousu de fil blanc, bien que le final nous laisse sans voix. On imagine depuis les premières lignes que toute cette histoire ne sera pas rose et c’est ce que Marie Neuser nous apporte. Je tue les enfants français dans les jardins, c’est 152 pages de violence et de souffrance.

Cri d’alarme pour une profession à l’abandon, pour une profession sujette aux stéréotypes et préjugés en tout genre, Je tue les enfants français dans les jardins est un roman noir d’une incroyable violence. Vous allez le lire en totale apnée, vous prendre toute cette haine en plein visage, ne plus en pouvoir et être libéré en le refermant. C’est un court roman qui ne laisse pas indemne et Marie Neuser a réussi son coup.



2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Luiz dit :

    J’aime ton analyse ! J’aime le terme « noirceur sociale » car c’est tout à fait ça. La détresse d’une profession, d’une idée que l’on se fait sur celle-ci et malheureusement pas de ses faces cachées… Une femme avec une matière secondaire dans un établissement à problème, une professeure qui idéalise sa discipline car comme tu le dis, est une bête à concours mais qui n’a aucune idée de ce qu’il faut faire fasse à des adolescent à problème. Car hormis la dimension d’enseigner, il y a de la pédagogie a adopter, une certaine empathie à avoir : ce métier n’est pas qu’enseigner c’est également éduquer dans une certaine mesure donc du social. (Désolé pour cette tirade, défaut professionnel).
    Je te rejoints sur le fait qu’il est court, écrit au plus précis et nous met directement dans l’ambiance. Elle réussit à nous garder en haleine jusqu’à la fin. QUE VA-T-IL SE PASSER? Telle est la question que je me suis posée jusqu’au bout !

    Aimé par 3 personnes

    1. tomabooks dit :

      On en a déjà parlé sur Instagram et je te remercie encore pour ce long commentaire et ton avis 😉
      Merci d’apporter de ton expérience et j’espère que les gens vont aussi te lire !

      J'aime

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