Dark, Saison 1: elle manipule à merveille

J’ai maté Dark à la vue d’un article évoquant une nouvelle série Netflix qui allait faire son apparition début 2018. La comparaison sur le speech par rapport à Strangers Things m’a attiré et cela a immédiatement éveillé ma curiosité. Et c’est ainsi que, dès sa sortie officielle, j’ai regardé Dark, cette série allemande.

Pour tout vous dire, les comparaisons avec la série « sœur » de Netflix n’a pas lieu d’être et les points communs s’arrêtent sur l’ambiance années 80 et le speech de départ, car les deux n’ont strictement rien à voir. Dark, comme son nom l’indique, c’est sombre, très sombre. Plus mature, moins « tout public » comme peut l’être Strangers Things. Je ne vais donc pas comparer les deux, que j’ai énormément apprécié. J’ai torché la saison en une grosse journée, malgré mon mal de tête grandissant et le cerveau qui s’entrechoquait avec les différentes suppositions que j’ai pu faire et les révélations qui m’ont bouleversées. Dark, c’est une série qui prend aux tripes. A la gorge. Qui vous saisit et vous entraîne au delà du temps et de l’espace. Et cela tombe bien, puisque le temps est le sujet central de cette série. Car la question qui s’insinue en nous DES le départ, après la disparition d’un enfant, n’est pas « où est-il » mais « QUAND est-il ». Et cette question du « quand » englobe nos réflexions au fil des épisodes. Quand va-t-on savoir ? En quelle année sont-ils ? Quand est-ce qu’un personne a influé sur le passé ? Ou le futur ? Tant de questions que nous nous posons et qui me trottent encore dans la tête. Indéniablement un coup de cœur aussi intense qu’imprévisible au départ.

Dark, qu’est-ce que c’est ?

Dark évoque la situation de quatre familles où les non-dits et les mensonges font peu à peu surface. Où la répétition d’événements passés se produit au présent, forçant certains d’entre eux à retrouver leurs démons passés. Nous nous trouvons à Winden, petite ville allemande en bord de forêt où se tient un lycée et une centrale nucléaire, qui a son importance dans la série. Nous commençons par apprendre la disparition d’Eric, dont on est sans nouvelles depuis plusieurs jours. Une seule autre disparition d’enfant a eu lieu au cours des dernières années, et elle concernait le petit frère d’Ulrich, 33 ans auparavant. Ulrich est un policier entier au caractère trempé. Puis au cours du premier épisode, c’est Mikkel, le fils d’Ulrich, qui est amené à disparaître et la panique gagne la ville et ces quatre familles, les Nielsen, les Kahnwald, les Tiedermann et les Doppler. Ces quatre familles se sont côtoyées pendant de longues années où plusieurs personnages ont été confrontés. Forcément, des secrets sont enfuis et il y en a partout ! Dans tous les coins, chaque personnage a son secret et son influence dans l’histoire. C’est sans doute un des facteurs que j’ai apprécié dans cette série : aucun personnage n’est blanc, aucun n’est noir. Bon peut-être un en fait, mais je tairais son nom. Vous le reconnaîtrez bien assez vite !

Mais Dark, c’est surtout un thriller & un drame à échelle télévisuelle gérée d’une main de maître par les showrunner. Car les révélations sont bien pensées, l’intrigue est prenante dans un monde pesant, avec une bande-son à laquelle j’ai immédiatement adhéré et qui m’a transporté, d’angoisses et de rêves.

Le scénariste suisse Baran bo Odar en parle : « Dark est un récit humaniste, avec en son cœur un cycle de violence où l’on fait souffrir parce qu’on nous a fait souffrir. C’est une constante tragique de l’humanité, que nous adaptons à notre microcosme en questionnant la nécessité d’y mettre fin, au risque de bouleverser la marche du monde. Ce genre d’enjeu peut déboucher sur un grand spectacle fantastique, comme Matrix. Nous préférons en faire un drame intimiste, une histoire familiale à travers les âges. »

Mais alors pourquoi j’étais assez réticent au début ? J’ai eu un peu de mal à m’y mettre. Les premiers plans, cadres. C’était sombre et il y avait un jeu de clair-obscur à la fois intriguant et dérangeant. Puis j’ai également eu des préjugés sur la qualité de cette première série allemande Netflix. Préjugés vite effacés lorsque j’ai été happé dans l’ensemble de l’œuvre qui s’offrait à moi !

Que vaut-elle ?

Pour être honnête, cela faisait bien longtemps que je n’avais pas été transporté autant humainement que psychologiquement au sein d’un film/série. Je sais que j’apprécie de plus en plus les séries car elles développent, forcément, beaucoup plus les intrigues. Mais j’aime, non, j’adule l’aspect psychologique et la réflexion que je peux avoir en regardant des séries de ce genre. La dernière fois que j’avais autant apprécié de ce genre, c’était pour le formidable Westworld.

Cette série thriller sur fond de science-fiction bien pensé nous emmène vers des horizons quasiment inexploré. Car si Matrix, comme l’évoque le scénariste, ou encore Cloud Atlas où l’on traite de la réincarnation, m’ont également transporté, Dark propose le voyage à travers le temps comme point d’encrage. Au fil des épisodes, l’aspect fantastique prend le relais, tout en restant crédible et surtout mature. Nous sommes aspiré au sein des images que nous propose la série, au cœur de cette intrigue complexe. Nous sommes confrontés au cycle du temps et ce dernier se révèle funeste. Entre les disparitions d’enfants et les cadavres de ces derniers, retrouvés les yeux brûlés et les tympans perforés et que l’on n’arrivent pas à identifier, les interrogations sont multiples et la tension augmente graduellement.

Nous suivons les personnages dans différentes époques, en 2019 d’abord puis en 1986. Puis en 1953. Nous sommes confrontés à de nombreux personnages et, même s’il est parfois dur de se retrouver et de savoir qui est qui, les réalisateurs ont tenu à prendre des acteurs qui se ressemblaient suffisamment d’une époque à l’autre, de plus jeune à plus âgé et c’est un gros plus.

Et pour ne rien arranger, ou plutôt pour nous déstabiliser d’avantage, il est clair que l’on joue avec nos émotions et notre réflexion. Car nous savons tous que notre présent influe notre futur, ce que nous allons devenir. Mais s’il était possible que notre futur influence celui que nous avons été dans le passé ? Et je vous laisse imaginer cette probabilité qui, personnellement, me laisse songeur et me tiraille l’esprit. Le passé et le futur s’influence l’un l’autre. La co-créatrice de la série, Jantje Friese, dit également : « Le philosophe nous dit que le libre arbitre est une illusion, et que notre existence, comme tout ce que nous croyons dépendre de notre volonté, est en fait prédéterminée ».

Dark m’a plu dans sa subtilité, dans son ambiance sombre, parfois malsaine où de nombreux sujets sont traités, comme l’inceste ou les trahisons, les non-dits familiaux. Cette réalisation parfois intimiste m’a transporté au centre de ces conflits. J’ai eu mal avec eux. J’ai lutté avec eux. J’ai été désespéré avec eux.

Dark : une réflexion sur le temps ?

Outre la possibilité de voir nos personnages évoluer dans différentes époques et certains personnages voyager d’une époque à un autre, Dark nous expose une réflexion sur le temps qui m’a retourné le cerveau.

Alors, qu’est-ce que le Temps ?

Qu’est-ce qu’hier, aujourd’hui et demain ?

Dans la série, nous avons plusieurs notions propre à l’espace, comme le « trou de ver » mais également de « boucle temporelle ». Nous connaissons tous plus ou moins l’histoire de la création de la Terre. Certains, pour nos existences, pense à une théorie de l’éternel recommencement. Je vous invite à voir la vidéo de Didi Chandouidoui sur « 5 théories sur la Mort ». Selon cette théorie, nous sommes voués à vivre la même vie, encore et encore, depuis des milliards d’années. Tout cela de façon cyclique.

Dans la série, chaque action réalisée dans le passé agit sur le futur, dans l’infinité de possibilité qui peut exister. Les personnages ne dérivent jamais dans leurs actions et n’ont en réalité pas de libre arbitre. Sont-ils donc pré-destinés à ce qu’ils doivent accomplir ? Et lequel engendre l’autre ? Le passé ou le futur ? De toute façon, tout est lié. Et bien vite vous serez également pris dans cet engrenage.

H.G. Tannhaus, un écrivain et scientifique auteur du « voyage dans le temps » dans la série, nous dit à un moment : « Imaginez que vous êtes dans une salle spacieuse et sombre et que vous éclairez à gauche : le rayon devrait éclairer à l’infini vers la gauche. Rien ne nous permet de penser que le rayon puisse revenir vers la droite. Mais un trou de ver transforme la topologie de l’espace-temps. Il la remodèle et plus rien n’est à sa place ».

Dès lors il nous est permis de penser si, les personnages de la série comme nous, sommes vraiment maître de nos actes, de nos choix ou si nous faisons partie de ce cycle. Si l’on obéit aux lois de la nature et que nous sommes finalement qu’esclave du temps et de l’espace ?

Je vous laisse méditer sur ces questions qui moi m’intéressent beaucoup.

Pour conclure

Dark m’a fait passer un excellent moment de tortures psychologiques et de réflexions incessantes au sein d’un dédale excitant d’énigmes. C’est une série que je vous recommande à 100% et j’ai grand hâte de voir ce que pourrait nous proposer la seconde saison, à partir du 21 Juin.

L’avez-vous vue ? Vous tente-t-elle ? N’hésitez-pas à me le dire en commentaire, je serai ravi d’échanger avec vous !
Pour les autres… & ceux qui voudraient critiquer. Ce personnage vous indique la marche à suivre.

Chronique initialement écrite début 2018.

7 commentaires Ajouter un commentaire

  1. tommyloser dit :

    Content de voir que je ne suis pas le seul à attendre la deuxième saison avec impatience!

    Aimé par 1 personne

    1. Pleack dit :

      Même si je m’en souviens plutôt bien, je vais quand-même relater la saison 1 dès que je peux !
      Vu que je vais sûrement regarder la S2 en un jour ou deux 😁✌️

      Et oui, j’ai vraiment hâte !

      Aimé par 1 personne

  2. Tiens tiens tiens tu me tente !

    Aimé par 1 personne

    1. Pleack dit :

      Je passe ma main devant tes yeux et je t’envoute
      « Tu vas regarder Dark ce week-end »
      Et voilà 😁
      Bon réveil ! Ah ah

      Aimé par 1 personne

  3. Je ne m’attendais pas à grand chose en commençant la première saison, mais dès le moment du: La question ce n’est pas où mais quand?, j’ai su que ça allait être du très bon !

    Aimé par 1 personne

    1. Pleack dit :

      Mais tellement !
      J’avais été scotché. J’étais là « Kézaco ? ». Et puis le reste m’a soufflé, bluffé. C’était plaisant !
      Merci de ton passage 🙂

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  4. Cyrus dit :

    Je n’ai pas encore fini la saison 2 (je savoure !) mais Dark est définitivement un petit bijou : chaque épisode, chaque révélation me fait cogiter pendant un bon moment. Par ailleurs, les auteurs m’ont suffisamment retourné le cerveau pour que je sois incapable d’expliquer l’histoire de la série à quelqu’un : bah oui, quand est-ce que l’histoire commence exactement ? En 2019 ? En 1920 ? Ou alors il n’y a tout simplement pas de début puisque tout est lié ? Bon, je vais reprendre mon cachet d’aspirine et je me mate l’épisode 6 !

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