Le maître du haut château de Philip K. Dick: Une uchronie majeure

Je me suis enfin replongé dans un livre SF ! Ça faisait longtemps, et je dois dire que ça m’a quand même manqué. Le dernier en date était La fontaine pétrifiante de Christopher Priest, qui m’avait énormément plu ! Et cela remonte à un peu moins d’un an… Il me fallait donc partir sur autre chose. Un autre auteur, une découverte. Et je me suis naturellement tourné vers Philip K. DICK. Cet auteur est moins connu que certaines de ses œuvres. Lorsque l’on cite Blade Runner, une majorité de personnes peuvent dire un peu de quoi ça parle, qu’il s’agit d’un univers SF, et plus particulièrement Cyberpunk. Mais peu de personnes, en comparaison, savent que c’est à l’origine tiré d’un livre, pour le titre un brin loufoque mais accrocheur : Les androïdes rêvent ils de moutons électriques ?

Pour ma part, bien qu’ayant acheté ce livre aussi, j’ai voulu me tourner vers les bases de l’auteur. Et lorsque je me suis renseigné sur la série TV Amazon Prime, The Man in a High Castle, qui me tentait depuis sa sortie mais que je n’ai regardé que récemment, j’y ai vu que le livre original était de Dick. Je n’ai pas hésité une seule seconde et j’ai foncé le récupérer. Sitôt le livre entre les mains, j’ai commencé à le lire. Avec difficulté au début, malgré le plaisir de retrouver les différents personnages. Mais les différences entre le livre et la série sont tellement nombreuses que ce sont deux œuvres à part, distincte l’une de l’autre.

Je vous parle aujourd’hui du Maître du haut château, premier livre de Philip K. Dick.

Je ne vais parler ici que du livre, et je ferai probablement une chronique à la fin de la série TV, qui a annoncé la production de son ultime saison.

Tout d’abord, je pense qu’il est nécessaire d’évoquer l’uchronie, pour les néophytes. C’est un genre que j’apprécie beaucoup. Pour faire court et simple, il s’agit d’un sous-genre SF où nous partons d’une base réelle historique pour arriver à une fiction totale. Dans ce livre, la base réelle étant la seconde guerre Mondiale. Et la fiction… Les allemands et Japonais ont gagné la guerre, colonisé l’Amérique et se partagent ce continent en deux, avec une grosse base allemande. Il existe également des territoires neutres où vadrouillent nombre de chasseurs de prime et sont fait différents commerces de contrebande, etc. Bref, un sacré bordel pour s’offrir un semblant de liberté.

Carte prise à la Série TV

Dans le livre, nous prenons place en 1961. Des tensions existent entre Japonais et Allemands. Ces derniers ne se contentent pas de cette paix entre les deux pays et veulent d’avantage. Un allemand en mission souhaite rencontrer un ministre japonais pour faire perdurer cette paix, tandis que les hauts dignitaires allemands (Hitler est mort), où Himmler est chancelier, souhaitent attaquer.
Pour schématiser. Ouest, San Francisco est japonais. Est, New York est Allemand. Nous trouvons Frank Frink et Ed McCarty à SF. Le premier est juif et se sait encore menacé. Le second est son meilleur ami, dévoué. La femme de Frank, Juliana, l’a quitté depuis longtemps pour aller en Zone neutre où elle travaille et pratique le Judo. Elle ne pense plus à Frank tandis que lui si. Et elle va entretenir une relation avec un jeune routier italien, Joe.

En dernier lieu, nous avons deux personnages côtés japonais. Un antiquaire qui tient en haute estime les japonais, bien qu’usant un humour comique souvent. J’ai adoré ce personnage de Robert Childan, dans son rapport aux choses et son envie de se rapprocher de ce peuple auquel il est soumis.
Et mon personnage préféré, autant dans la série que dans ce livre, est le ministre du commerce Tagomi. Partagé entre ses obligations professionnelles et son envie de changer les choses d’un point de vue personnel, il mène un combat âpre qui n’est pas évident.

De nombreux personnages au sein du livre ont recours au Yi-King pour dicter leur choix, les accompagner. Le Yi-King existe depuis plus de 3.000 ans en Chine et il s’effectue par des tirages auxquels nous obtenons des réponses à une question initialement posée. Cette présence des tirages est abondante dans le roman et j’avoue que, même si j’y suis intéressé et que je trouve ça fascinant, le plaisir de la lecture s’en est souvent trouvé effacé et je perdais peu à peu de mon intérêt. Le style de l’auteur, de prime abord compliqué, m’a paru plus plaisant lorsque je suis définitivement rentré dans ce livre. Il se trouve tout de même ardu à feuilleter et assez philosophique à comprendre.

Dick nous plonge dans un réalité alternative qui aurait tout aussi bien pu exister, à quelques détails près. C’est quand même assez fou de pouvoir voir en détail quel aurait été le monde, imaginé des yeux d’un autre. Mais ce n’est pas tout, puisqu’il se réserve également une mise en abîme intéressante, avec une uchronie dans une uchronie. Un livre interdit circule. Le poids de la sauterelle, écrit par Abendsen, le maître du haut château, que tout le monde veut voir mort. Ce livre parle de la victoire des Alliés sur les troupes de l’Axe et Japonaises. Un version différente, plus proche de notre réalité bien qu’un peu différente. Et ce livre interdit va être lu par la totalité des personnages principaux, qui vont être impacté grandement par ce qu’il se dit.

Pour conclure

Dans la globalité, j’ai apprécié ce roman. Pas facile à lire, on met du temps à rentrer dans ce monde et s’habituer aux personnages. Certains sont plus attachants que d’autres mais c’est marrant de voir d’où est parti Dick pour devenir un écrivain majeur et incontournable de la SF moderne. Le maître du haut château est un roman inhabituel, une bonne uchronie et un livre à découvrir, tout comme son pendant en série TV. Pas mal de redondances cependant, qui freinent la lecture.

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. princecranoir dit :

    La base de l’Uchronie, du doute métaphysique propre à Dick, est dans ce livre majeur. Il est vrai assez ardu d’accès, mais à lire entre deux moutons électriques. 😉
    Chouette chronique.

    Aimé par 1 personne

    1. Pleack dit :

      Tout à fait d’accord avec toi ! Je souhaitais vraiment attaquer l’oeuvre de l’homme par son premier roman. L’autre m’attend sagement, mais nul doute que j’écumerai ses livres un à un.
      Merci de ton passage ! 🙂

      Aimé par 1 personne

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