[Retour Sur Saga] – A Nightmare On Elm Street 7 : Freddy sort de la nuit de Wes Craven (1994)

Tandis que Wes Craven écrit dans le plus grand secret un nouvel épisode de la série Freddy, l’actrice Heather Langenkamp reçoit de terrifiants coups de fil anonymes. Son fils Dylan souffre de troubles du comportement et lui révèle qu’il est poursuivi en rêve par un croquemitaine muni de griffes. Heather commence à penser que seul Freddy peut être à l’origine de tous ces incidents.

La fin de Freddy, sixième opus de la franchise, devait mettre un terme aux agissements du célèbre croquemitaine. Cependant, force est de constater qu’encore aujourd’hui cette fin laisse justement de nombreux fans sur leur faim. L’épisode final reposant un peu trop sur les arcs narratifs des anciens épisodes, mais surtout sur les mêmes ficelles horrifiques, l’épisode avait divisé lors de sa sortie. Les fans n’ont pas eu le choc espéré, alors que l’on leur avait vendu la fin d’un mythe…
C’est avec ce constat qu’un véritable final devait arriver et qui mieux que Wes Craven pour réellement mettre fin à sa création, Freddy Krueger. C’est ainsi que la réelle conclusion du personnage est mise en chantier en 1993, pour une sortie sur le territoire américain en 1994. Pour mettre toutes les chances de leur côté, Wes Craven fait appel à de nombreux acteurs du premier opus pour reprendre leur rôle.

Le fait est que Wes Craven prend avec sérieux ce retour de Freddy Krueger au cinéma, tout en comprenant la forte popularité de sa création. Il est alors hors de question de surfer sur les mêmes ficelles (horreur et comédie), afin de créer ce septième opus. Pour ce faire, le réalisateur et scénariste va revenir aux sources, avec le retour de certains acteurs, tout en apportant une fraîcheur et une authenticité dans son histoire. Cette fois-ci, l’épisode se voudra beaucoup plus adulte et reviendra avec un personnage de Freddy bien plus sombre, malsain et cruel.
Histoire d’être vraiment original, Wes Craven va filmer la réalité et nous montrer que la saga Freddy Krueger n’est qu’une invention de toute pièce, jouée par des acteurs et actrices. Tout ce que l’on a pu voir à travers les six premiers films n’étaient que du cinéma et c’est ce qui fait la force de septième chapitre.
Le réalisateur va également passer derrière la caméra, puisqu’on le verra dans sa villa travaillant sur le nouveau script de l’ultime épisode de Freddy. Mise en abîme au programme pour ce nouvel opus qui profite de ce retour à la réalité pour faire intervenir ce qui semble être le véritable Bogeymanqui ne peut plus vivre à travers ses personnages.

Ce travail sur la réalité est une idée novatrice pour Wes Craven et cela lui permet de trouver une nouvelle façon de nous faire peur. Les personnes que l’on voit derrière notre écran sont réelles. Ce sont des adultes confrontés à une nouvelle menace. Nous ne pouvons donc pas les voir comme des personnages de fictions et cet effet est accentué durant le film par les différents séismes touchant la Californie. Les thématiques sont également plus adultes, puisque Wes Craven va nous parler de la peur de perdre son enfant, du deuil d’un être cher, de la perte du père, mais aussi de l’héritage que l’on doit laisser à notre descendance. 
Outre le passage d’une saga adolescente à une saga pour adulte, le septième chapitre se démarque au niveau du travail sur Freddy lui-même. Le nouveau Freddy semble être une entité millénaire (les grands anciens, The Thing ou encore Pennywise) qui prend possession du personnage, car il le juge bon. Et c’est là que l’idée bloque de mon côté, car Wes Craven fait preuve d’un melon surdimensionné… Cette nouveauté se retranscrit par le nouveau caractère du croquemitaine (violent, brutal, malsain et sombre), mais aussi par son aspect physique. Celui-ci semble plus grand, plus fort, tout en abordant un nouveau costume, histoire de le différencier du Freddy des films (vous me suivez toujours ?)

Toute cette mise en abîme pourra sembler pédante et nombriliste (à juste titre), mais Wes Craven montre surtout tout son talent dans sa réalisation, puisque celle-ci sera sobre et efficace tout au long du long métrage. Encore une fois, la frontière entre le réel et le cauchemar sera mince, si bien que l’on pourra se sentir perdu à certains moments. Le réalisateur nous offre quelques scènes d’anthologie, comme celle dans l’hôpital avec la babysitter rappelant celle de la chambre dans le premier opus. On sent que ce Freddy sort de la nuit dispose d’un budget bien plus conséquent, mais que Wes Craven s’amuse toujours autant à créer des artifices de qualités. 
Pour ce qui est du jeu des acteurs, nous avons un peu de tout. Si les anciens, comme Heather Langenkamp, Robert Englund et John Saxon, font un retour en grâce dans leur rôle respectif, ce n’est pas le cas de Miko Hughes (Simetierre) qui interprète le jeune Dylan. Les scènes avec l’enfant sont là pour instaurer un malaise et une fragilité dans la vie de Heather (Nancy), mais on en arrive à des moments gênants et horripilants… 

Je suis un peu dur avec ce dernier opus de la franchise, mais Freddy sort de la nuit a permis à Wes Craven de tenir une idée formidable pour Scream. Ce dernier chapitre est aussi bon, que mauvais, mais cela ne tiendra qu’à vous pour le définir.     

3 commentaires Ajouter un commentaire

  1. princecranoir dit :

    Je n’ai personnellement pas ressenti le côté nombrilisme du réalisateur si ce n’est qu’en effet il se met en scène en tant que créateur. J’y vois au contraire le portrait d’un démiurge qui voit sa créature lui échapper totalement (métaphore des épisodes précédents ? ) et qui peut a peu se sépare d’elle pour la léguer au panthéon des grands mythes. C’est une vision du genre assez bien vue, remarquablement mise en scène de la montée du trouble jusqu’au final dantesque. Le film éminemment référentiel prépare à la plongée méta de Scream. Il y est effectivement question d’héritage (desormais bien des films d’horreur paient leur dû à Freddy), de ses conséquences parfois dramatiques. A mes yeux peut l’épisode le plus riche (plus encore peut être que le 1er).

    Aimé par 1 personne

    1. tomabooks dit :

      C’est vrai qu’en voyant ce film sous ce prisme ça se tient vraiment ! J’avais aperçu ce côté figure qui échappe à son créateur, mais je n’aurais pas pu en parler avec autant de maîtrise que toi 🙂. Il faudrait que je le revois pour m’en faire une nouvelle idée (bien qu’il ne pourra pas détrôner le premier de cette saga).
      PS. Ne t’inquiètes pas pour les fautes, je pense en faire aussi 😇

      Aimé par 1 personne

  2. princecranoir dit :

    Désolé pour les fautes, mon téléphone n’en fait qu’à sa tête 😕

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