La défense de Steve Cavanagh: Un premier roman réussi

Après le succès rencontré avec 13, troisième roman de l’auteur, je voulais… Que dis-je, j’avais le devoir d’acheter ses romans précédents afin de voir d’où était parti ce type, comment il avait commencé. Si son évolution avait suivi une trajectoire ascendance, si son premier roman était médiocre et ce que j’avais déjà lu pouvait être placé comme une exception. Il existe des choses, lorsque l’on commence à lire, qui viennent jusqu’à notre esprit et qui nous plongent dans un monde à part, qui nous captivent malgré nous. Steve Cavanagh, depuis la lecture de 13, m’a agrippé. Cet auteur l’a une nouvelle fois fait dès les premières pages de ce roman, pourtant assez différent de son 3e, mais dont on retrouve les mêmes codes efficaces et la recette qui marche, avec. S’appuyant assurément sur sa carrière d’avocat, mettant même au delà son métier en avant par l’intermédiaire de ce titre évocateur, l’écrivain montre une nouvelle fois qu’il est possible, ici, de se servir de son métier à des fins plus grandes que de l’exposer dans un livre. Il ne s’agit pas d’un simple thriller juridique, une plaidoirie et basta. D’ailleurs, et j’y reviendrais plus tard, la plaidoirie est une nouvelle fois ici secondaire, voire tertiaire dans le roman. Le principal se situe évidemment sur l’enquête et plus particulièrement sur les emmerdes qui arrivent par vagues sur le personnage principal, que j’ai pris plaisir à découvrir une fois encore, Eddie Flynn. Aujourd’hui, je vous parle donc de La défense, premier roman de Steve Cavanagh aux éditions Bragelonne.

Autrefois, Eddie Flynn était un escroc doué. Ensuite, il est devenu un avocat retors, craint par ses pairs. Deux carrières aux étranges similitudes… Eddie n’a pas mis les pieds dans un prétoire depuis un an. Aujourd’hui, il n’a plus le choix. Volchek, le tristement célèbre chef de la mafia russe, lui a arrimé une bombe dans le dos et menace la vie de sa fille. S’il veut la sauver, il ne lui reste plus qu’à défendre Volchek dans un procès pour meurtre perdu d’avance… et il n’a que quarante-huit heures pour cela.

Autant vous le dire de suite, ce premier roman démarre sur les chapeaux de roues ! Steve Cavanagh est un auteur qui mélange parfaitement le thriller juridique et l’enquête, le tout sans temps mort avec beaucoup d’action et de rebondissements. Je me souviens de certains livres de Grisham où, il faut le dire, je me faisais vraiment chier. Je n’ai jamais connu l’ennui en deux livres avec cet auteur. Comme pour 13, la grande force de ce roman est évidemment là. La plaidoirie est utilisée à des fins utiles et n’est pas au centre du roman. Et s’il y a quelque chose d’exceptionnel dans ce genre de roman, c’est comment de petites choses, parfois impertinentes sur l’instant, au début du livre, peuvent être énormes et se révéler tellement importantes sur la fin… D’une importance cruciale donc. Comment vous exprimer que j’adore ça ? D’autant plus que j’y avais réfléchis tout du long, mais sans me dire que ça pouvait être aussi fou !

Le roman démarre bien vite donc, où dès les premières pages, Eddie se retrouve avec un revolver sur la nuque et est contraint de monter dans une limousine. Dedans, il fait la connaissance du chef de la mafia, auparavant représenté de l’associé d’Eddie, qui n’a pas eu le courage de faire ce qu’on lui demandait. Tu m’étonnes… Si ce n’était que ça… La tête de ce dernier repose d’ailleurs dans un sac de sport aux pieds de Flynn.
Très vite, les emmerdes arrivent donc. Il doit représenter Volchek, qui a enlevé sa fille pour lui faire pression. Sa petite fille chérie qu’il ne voit déjà que peu, en raison de la distance mise par sa femme. Tout au long du roman, il va subir différentes pressions sur la vie de sa fille, en le menaçant de la violer, la tuer s’il n’appliquait pas le plan à la lettre.
Dans ce procès perdu d’avance, avec le FBI et la vie de sa fille sur la dos, Eddie a la pression. Et il a surtout 36 heures pour la sauver et sortir de la merde dans laquelle il est, par la faute d’un autre. Et avec sa ceinture d’explosif dans le dos.

Dans ce premier roman, nous en apprenons plus sur Eddie Flynn, son passé. Cet ancien escroc, qui connait x combines et qui a arnaqué plusieurs compagnies d’assurances. Et aujourd’hui avocat, même s’il n’a plus plaidé depuis plus d’un an, en cause un procès qui a mal tourné et dont nous apprendrons les dessous dans ce livre. Eddie est un avocat débrouillard, mais aussi une personne plaisante à suivre. Il a un caractère bien trempé et est exactement le genre de héros qui nous font tourner les pages sans regarder notre montre, en nous faisant vivre une histoire vivante et pleine. C’est le genre de type que l’on se verrait bien aider et avec qui l’on pourrait être ami. C’est surtout un avocat qui a des couilles et ça se sent. Et les couilles, ça paye. Surtout dans ce milieu, il faut oser. Eddie, c’est l’adrénaline x100, un courage certain et une personnalité forte. On se plait à être à ses côtés et on se complaît au cœur des ouvrages de Cavanagh.

Il est vrai que, parfois, il se sort de certaines situations de manière complètement inattendue et improbable. Mais c’est aussi la force de ce personnage qui en connaît un rayon sur énormément de choses, notamment le vol à la tire, les diversions ou tout simplement le code pénal et son métier. Et le tout, c’est que ça reste crédible et que c’est censé. Chapeau !

Eddie prend très vite conscience que toute cette histoire n’est pas nette. Qu’il se passe beaucoup plus que ce qu’il est censé faire pour Volchek. Il va donc à la fois mener l’enquête, intelligemment, et tout faire pour sauver sa fille. Une double mission pour un homme de courage, qui joue quand même bien avec le feu. Mais a-t-il vraiment le choix ? Sachant pertinemment que même s’il fait ce qu’on lui demande, lui et sa fille mourront. On parle de la mafia russe quand même… Et le procès est perdu d’avance !

Mais il va suivre des raisonnements logiques et y mettre la main. Ses plaidoiries, lorsqu’elles interviennent, et elles ne comportent qu’à tout casser qu’une cinquantaine de pages dans le roman, servent avant tout pour gagner du temps. Il va donc tout faire pour décrédibiliser les témoins et prendre la situation à son avantage. C’est brillant, et personnellement ça me mystifie comment un argumentaire et quelques questions peuvent servir à retourner des situations. J’adore ça !
Le livre est riche et mouvementé. Il se passe énormément de choses et l’ennui n’a donc pas trouvé chemin jusqu’à ma porte… Ou mes paupières. Car oui, j’ai fini les 200 dernières pages entre une heure et quatre heure du matin. L’enquête est extraordinaire et l’avocat se verra confronté à une multitudes d’événements, explosif pour lui et excitant pour nous. L’auteur maîtrise lui son sujet de A à Z.

Steve Cavanagh, par ce premier roman et la réussite qu’a eu son 3e, rentre avec force dans mes auteurs à suivre et favoris. dont je suis quasiment certain maintenant d’acheter les livres à leurs sorties. Un coup de cœur !

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s