Annabelle de John R. Leonetti (2014)

2013, Conjuring. En une seule scène, James Wan a réussi à mettre l’eau à la bouche des spectateurs en nous montrant Annabelle, la poupée diabolique. Alors que l’on s’attendait à ce qu’une suite du premier Conjuring arrive dans la foulée, c’est bien un spin-off assez inattendu qui est arrivé une année plus tard. La question est de savoir si James Wan avait senti le bon filon, la poule aux œufs d’or ou seulement si c’était une occasion pour lui d’imposer une nouvelle figure horrifique dans le paysage du cinéma d’horreur.
Dans tous les cas, ce n’est pas James Wan qui sera derrière la caméra, puisqu’il est parti travailler sur Fast and Furious 7… Il ne sera donc que producteur et confiera la mise en scène et la réalisation à John R. Leonetti, qui n’est pas un inconnu, puisqu’il a travaillé en tant que directeur de la photo avec Wan depuis Dead Silence en 2007. Le soucis vient plutôt de son travail en tant que réalisateur, puisque celui-ci s’est illustré sur le désastreux Mortal Kombat Destruction Finale, ainsi que sur la suite ratée de L’effet Papillon… 

Été 1969, John et Mia, qui attendent leur premier enfant, viennent d’emménager dans une maison à Santa Monica. John, qui ne sait comment choyer son épouse, lui a offert une poupée ancienne. La nuit suivante, ils sont sauvagement attaqués par un couple lié à une secte satanique. La police leur porte secours rapidement, abattant l’homme tandis que sa compagne se tranche la gorge, laissant couler quelques gouttes de sang dans l’oeil de la poupée.

Les craintes se confirment donc assez rapidement, puisque Annabelle n’apporte absolument rien. Sauf peut-être  le fait de perdre son temps. Le soucis majeur vient potentiellement de son scénario qui avait été confié à Gary Dauberman. Celui-ci est peu originale, voire pas du tout inspiré, puisqu’il se contente de reprendre quelques pistes chez d’autres grands classiques du cinéma horrifique, tout en essayant de se les réapproprier. Force est de constater que ça ne fonctionne absolument pas, surtout si vous avez déjà vu le premier Conjuring, Insidious, mais également Amityville ou encore Rosemary’s Baby, qui est l’influence principale d’Annabelle. Un ennui profond va s’emparer de nous très rapidement et il ne nous quittera qu’au moment du générique. L’intrigue va énormément tourner autour du bébé et Le film sera ponctué de jump scare avec l’utilisation d’effet sonore bien trop fort. On ne retrouve absolument pas le charme que James Wan avait initié avec Conjuring. On est ici dans le putassier, dans l’immondice de l’horreur pour adolescent en mal de sensation forte. Annabelle ne sera pas sauvé par la réalisation de Leonetti, puisque le réalisateur se contente d’un académisme effrayant et sans impact. Le film veut prendre son temps et ça se ressent fortement. Il ne dégage absolument rien de ce long métrage. Aucune mise sous tension, aucune ambiance visuelle et/ou horrifique. Annabelle, c’est le néant artistique en règle. 

Comme je le disais, l’ennui sera un important facteur de ce long métrage et ce n’est pas les deux personnages principaux qui vont changer tout ça. J’admets qu’il y a eu une tentative d’apporter un petit quelque chose en terme de dramaturgie autour du personnage de Mia. Si bien que l’on peut se demander si l’attaque de démon est bien réelle ou si seulement cette jeune femme est en train de perdre l’esprit, à force de vivre dans le traumatisme de cette fameuse attaque. Cependant, cette réflexion ne vient qu’effleurer notre cerveau tant le couple semble fade, vide et insipide…
Il n’y a pas grand chose à sauver dans ce premier Annabelle, même la bande originale qui essaye de se rapprocher au mieux de celui de Conjuring ne prend pas. Une malédiction semble s’être abattu au-dessus de ce film… Annabelle est le genre de long métrage que l’on regarde (si on est motivé et/ou maso) et que l’on oublie instantanément… Seul quelques petites scènes apportent vraiment un sentiment d’angoisse, voire de peur, comme celle de l’ascenseur, quoi que fortement inspiré du long métrage Insidious, mais tout cela est bien trop peu sur plus d’1h40 de film…

Le générique défile et on ne peut que se demander comment une équipe a pu autant merder, alors que James Wan avait plus que préparé le terrain. Un véritable gâchis qui, pourtant, fonctionnera au cinéma et engendrera deux suites, dont le respectable Annabelle 2 : La création du mal. Ce premier Annabelle, c’est de la confiture donné à des cochons…

2 commentaires Ajouter un commentaire

  1. Déjà que je n’aime pas beaucoup les films d’horreur…

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    1. tomabooks dit :

      Difficile de ne pas te donner tort quand on met en avant ce genre de film dès qu’il sort au cinéma… Ça donne une mauvaise image de ce genre si riche et si intéressant.

      Aimé par 1 personne

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