La maison de Vanessa Savage : Un roman qui laisse perplexe

Il y a des livres dont on repère une bonne critique et que l’on met directement dans sa wishlist, afin de l’acquérir quelques mois plus tard une fois que l’actualité n’est plus aussi forte.

La maison de Vanessa Savage, publié aux Éditions de La Martinière, fait clairement partie de cette catégorie. Ce roman me fait envie depuis février dernier, suite à l’avis d’Angie du blog Culturez-moi

Suivez-moi, je vais vous donner mon avis sur ce roman qui laisse perplexe.

La 4eme de couverture

La maison où Patrick a passé toute sa jeunesse n’est pas une demeure comme les autres. Quinze ans plus tôt, elle a été le théâtre d’un drame inconcevable : toute une famille y a été retrouvée, massacrée. Patrick garde pourtant des souvenirs irremplaçables dans ces lieux, comme seule l’enfance sait en créer. Il décide de la racheter. Sa femme, Sarah, et leurs deux enfants s’y installent à contrecœur. Le délabrement, l’atmosphère sinistre qui colle à la maison oppressent Sarah. Ses psychoses reprennent, de plus en plus sombres. Des voisins épient chacun de ses mouvements. La tension monte.

La maison : un roman qui laisse perplexe

Le gros point fort de ce roman de Vanessa Savage vient de la maison qui devient un personnage à part entière de cette histoire. Un ouvrage n’a jamais aussi bien porté son nom finalement. L’autrice use de ce lieu pour faire monter les moments de tensions et même parfois la terreur. Cette maison a toutes les caractéristiques de l’habitat qui ferait rêver n’importe qui (vieille maison victorienne, vue sur la plage, grand terrain), mais elle a aussi tout ce que l’on pourrait retrouver dans un film d’horreur. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’elle est surnommée la maison du meurtre… Une vieille maison, ça craque et là on va être servi. Entre les murs qui moisissent à cause de l’humidité, les points froids dans certaines pièces, les fenêtres obstruées par le sel de la plage, l’obscurité qui est toujours là et la sensation de ne jamais être seul. Tout est là pour nous faire craindre ce lieu de vie qui est censé devenir idyllique. On ne le répétera jamais assez, mais on n’est jamais en sécurité chez soi… Vanessa Savage réussit à faire de sa maison un personnage malfaisant et qui pourra facilement vous rappeler le terrible hôtel Overlook ou encore la diabolique maison d’Amityville. C’est même parfois un peu trop flagrant, tant la famille se détruit petit à petit dans ce nouvel habitat… 

C’est aussi un autre point fort de l’autrice, puisqu’elle va nous faire ressentir la paranoïa de son personnage principal. On ne sait jamais sur quel pied danser avec les habitants de cette maison, parce qu’ils changent tous de comportement scène après scène. Vanessa Savage s’amuse à jouer au chaud et froid avec certains personnages et tout cela devient difficile à vraiment comprendre. La famille entière devient folle ? Seule la mère de famille l’est ?
En tout cas, toute la perversion des personnages et toutes leurs pensées psychotiques se voient contaminer par cette maison. Elles se retrouvent dans chaque recoin de la maison, dans chaque zone d’ombre, dans cette cave humide. La maison ne devient finalement qu’un déclencheur de tout ce qui n’allait pas dans cette famille.
Cette paranoïa ne fera qu’être renforcé par les autres habitants de ce village qui ne cesse de venir voir au loin cette maison, si tristement célèbre. Des objets seront déposés, des personnages vont s’immiscer dans leur vie privée, afin de les mettre en garde. Mais le pouvoir d’attraction de la Maison sera bien plus fort. 

avis sur le roman La Maison de Vanessa Savage aux éditions de La Martinière

Malheureusement, si l’utilisation de la maison comme un personnage et celle de la paranoïa ambiante est intéressante, il faut noter quand même que La Maison de Vanessa Savage souffre un tant soit peu de longueurs, de perte d’intérêts et de répétitions qui deviennent lassantes au final. Bon cela n’empêche absolument pas de lire de façon frénétique, comme devant un bon Page-turner. D’ailleurs, il y a tout de même un travail sur la dynamique qui est intéressante, puisque l’autrice en vient à raccourcir ses chapitres au fur et à mesure de son histoire, afin d’avoir l’impression que cette maison du crime nous engloutie entre ses murs.
Mais ça ne fait pas tout, puisqu’en définitive on se retrouve avec un thriller domestique assez classique, avec un acte final qui ne sera pas à la hauteur des espérances. On peut même deviner le dénouement si on est déjà un peu habitué aux codes de ce sous-genre et c’est quand même dommage.
Vanessa Savage n’apporte pas forcément la fraîcheur attendue, tant on se retrouve avec une histoire classique où la femme perd ses repères petit à petit et que celle-ci se rend compte que sa vie n’était pas si belle finalement. La Maison, c’est comme avoir un bel enrobage autour d’un gâteau assez moyen… 


Si l’idée de donner plus de vie à un lieu pour mettre en lumière toutes les névroses paranoïaques d’une famille était très bonne, Vanessa Savage ne va pas assez loin à mon goût pour éviter tous les poncifs de ce sous-genre que l’on voit trop souvent. C’est dommage, car il y avait quand même une bonne intention derrière tout ça. Je pense que La Maison pourra plaire davantage à ceux qui en ont lu que très peu encore. En tout cas, cela reste mon avis comme toujours et je vous invite tout de même à découvrir ce premier roman de Vanessa Savage. 

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