Quand le cinéma d’horreur s’inspire du réel : Le meurtre de Sylvia Likens – The Girl Next Door

Bon voilà, c’est le troisième Halloween que nous fêtons ensemble sur le blog et il fallait que je trouve quelque chose d’intéressant à vous écrire sur le sujet. Vous ne le savez peut-être pas, surtout si vous êtes nouveau ici, mais j’ai déjà pu écrire quelques TOP 5 sur mes films d’horreur préféré, les slashers qui m’ont marqué, mais aussi sur les tueurs en séries dans la littérature et sur bien d’autres sujets encore.
Je voulais une approche différente de l’horreur et de sa représentation au cinéma. Je voulais quelque chose qui vous interpelle et qui vous garde scotché à votre chaise durant votre lecture. J’ai d’abord pensé à vous écrire un sujet sur les pires films horrifiques ou encore sur les plus dur à regarder, mais je garde ça pour plus tard.

On le sait tous, mais l’horreur est là pour nous bousculer, pour nous confronter à nos propres peurs. C’est un moyen cathartique de nous en échapper et de grandir. Ce qu’on oublie un peu trop souvent, c’est que les scénaristes et réalisateurs s’inspirent souvent du quotidien pour écrire. Vous l’aurez compris avec le titre, mais aujourd’hui je vais vous parler d’un long métrage, enfin plus précisément du fait-divers qu’il l’a inspiré.

Vérifiez que votre porte est bien verrouillée, car c’est dans votre demeure que vous êtes le moins en sécurité…

Le meurtre de Sylvia Likens

Retour à notre époque pour un cas qui ne vous dira peut-être rien, mais qui est celui qui me fascine le plus ou du moins me terrifie le plus. Ce meurtre ne vous laissera pas indifférent et pourrait même amener la paranoïa dans votre quotidien. Cette horrible histoire a inspiré deux films sorties tout deux en 2007. An American Crime de Tommy O’Haver (que vous pouvez retrouver en version intégral sur Youtube) et The Girl Next Door de Gregory M. Wilson, qui est l’adaptation du roman éponyme de David Ketchum paru en 1989.

Etes-vous sûr de bien connaître votre voisinage ? 

Cette histoire prend place dans l’Indiana en 1965. Le début de cette tragédie est un peu floue, tant les témoignages divergent. On parle d’un couple de forains qui avait besoin de faire garder leurs deux filles, Sylvia, âgée de 16 ans,  et Jenny, durant les tournées, mais on parle également d’un couple qui tentait de recoller les morceaux pour sauver un mariage et on évoque aussi un père de famille vivant seul, suite à l’incarcération de sa femme… Difficile donc de démêler la vérité dans cette histoire, mais ce n’est pas la partie la plus importante de cette tragédie. Gardez simplement en mémoire qu’une famille avait besoin de faire garder leur filles pendant un petit moment.
Sylvia Likens étaient scolarisée au lycée technique du comté et elle se lia d’amitié avec Paula Baniszewski qui fréquentait le même établissement et habitait dans le même quartier. Elles se seraient rencontrées lors d’une promenade de Sylvia et de sa sœur Jenny dans ce même quartier. La jeune Paula les invita chez elle, pour discuter et écouter de la musique. L’entente entre les trois filles était bonne et les deux sœurs acceptèrent d’y passer la nuit. 

Le père des deux jeunes filles vint les récupérer le lendemain et c’est ainsi que la mère, Gertrude Baniszewski, proposa à Mr. Likens de garder ses deux filles pour 20$ la semaine. Le père de famille accepta cet accord, afin de pouvoir travailler ou de retrouver sa femme, et confia donc ses deux filles à cette voisine. Malheureusement, Mr. Likens n’était pas regardant sur cette demande et laissa ses deux filles entre les griffes d’un monstre…
Gertrude Baniszewski pensait que garder une jeune fille handicapée, en l’occurrence Jenny,  serait facile, puisqu’elle ne pouvait pas bouger. Dès la première semaine de leur séjour, les deux sœurs ont subis les regards hostiles de cette dame, d’autant plus que Sylvia n’était pas aussi docile que sa jeune sœur handicapé. Celle-ci représentait tout ce que Gertrude Baniszewski aurait voulu être. Elle était aimable, intelligente et jolie… L’ambiance générale n’était pas au beau fixe dans cette maison sale et encombrée et que le régime alimentaire ne suivait pas. Pain grillé le matin et soupe le soir, voilà l’unique menu que la famille Baniszewski pouvait se permettre, tant elle était pauvre…

Le meurtre de Sylvia Likens : Le début du calvaire 

Les premiers soucis arrivèrent à la fin de la première semaine, lorsque les 20$ promis par le père n’étaient pas encore là. Gertrude Baniszewski, folle de rage, attrapa les deux sœurs, les traîna  à l’étage, afin de les battres avec une planche de bois. Mme Baniszewski aurait alors crié qu’elle étaient logées et nourris pour rien. Le calvaire ne faisait que commencer et les 20 $ arrivèrent le lendemain par la poste… On peut dire que le sort des deux sœurs était scellé dès ce moment précis, puisque Mme Baniszewski les prit en grippe par la suite, à base d’insultes et de coups. Plus tard, lors de son procès, Gertrude admis qu’elle les avait frappés si fort qu’elle s’était blessée aux mains…

C’est Sylvia qui devint le véritable souffre douleur de cette dame, puisqu’elle reçut des punitions régulières. Ses fesses nues étaient constellées de cicatrices dû aux coups de cette planche de bois brute. L’horreur des punitions prit une tournure encore plus tragique, lorsque Mme Baniszewski se mit à encourager ses propres enfants à s’attaquer à Sylvia. Ceux-ci invitèrent leurs amis à venir dans la maison, afin de frapper la jeune fille. Gertrude organisa un tour de table particulier : chacun des enfants mirent différentes épices et condiments (moutarde, ketchup, piments, etc.) sur un hot-dog et elle força Sylvia à le manger. La jeune fille le vomit immédiatement. Sylvia devint par la suite  un véritable sac de frappe pour le quartier, sous le regard amusé de sa nourrice. Ces jeunes prirent plaisir à la frapper, à la fouetter avec tout ce qu’ils pouvaient trouver. Sylvia a tenté de supplier ses bourreaux d’arrêter, mais Mme Baniszewski n’aurait fait que rire et pousser les jeunes du quartier à aller encore plus loin… Parmi eux, Coy Hubbard pratiquait le judo et utilisa Sylvia comme un mannequin d’entraînement. Sylvia aurait été jetée contre les murs, dans les escaliers et étranglée par différentes prises.

Les premières tortures ne s’arrêtèrent pas là, puisque Gertrude Baniszewski, la tortionnaire, demanda aux jeunes du quartier de lui apporter des cigarettes, afin de brûler le corps de Sylvia… Si la mère était folle, sa fille, Paula, l’était tout autant, puisqu’elle se cassa la main à force de frapper Sylvia. Celle-ci alla chez le médecin, afin de se faire soigner et revint à la maison avec un plâtre, qui lui servit à y aller encore plus fort pour tabasser la jeune fille…
Le plus incroyable dans cette histoire et qui est aussi triste que les sévices subit par Sylvia Likens, c’est le fait qu’une des sœurs de Sylvia et Jenny, ainsi que le voisinage étaient parfaitement au courant de cette situation… Un des voisins remarqua que le corps de la jeune fille était de plus en plus meurtrie et Paula ne cacha pas qu’elle était à l’origine de ces blessures et des écorchures de Sylvia. Celle-ci la fouettait même devant les voisins, mais malheureusement personne n’interviendra pour sauver Sylvia Likens. Les parents des deux jeunes filles sont même venus à plusieurs reprises pour prendre des nouvelles de leurs filles, mais ne furent pas interpellé par l’état physique, puisqu’ils avaient l’habitude de les punir aussi…

Le meurtre de sylvia Likens : L’escalade de la violence

Au sein de cette enclave, Sylvia était considérée comme une putain. Comble de l’hypocrisie puisque Gertrude Baniszewski avait eu deux enfants illégitimes et sa fille préférée, Paula, était alors enceinte d’un homme déjà marié. La tortionnaire lança la rumeur dans le quartier et tout le monde la cru. Sylvia était alors une prostitué enceinte aux yeux de tous…
C’est à partir de ce moment que Mme Baniszewski décida de mettre en scène sexuellement la jeune Sylvia en la forçant à se déshabiller, à danser et à jouer des scènes obscènes devant les jeunes du quartier. C’est lors d’une de ces après-midi de danse que les jeunes décidèrent d’insérer une bouteille de soda dans le vagin de Sylvia Likens. Son entrejambe et ses parties génitales étaient  frappées si souvent et si violemment que les médecins furent choqués par le nombre de blessures… Ces coups ont entraîné la jeune fille dans un cauchemar encore plus violent. Blessée, Sylvia n’arrivait plus à contrôler sa vessie et a donc mouillé son lit. C’est à partir de ce moment qu’elle fut ligotée et confinée dans le sous-sol de la maison.

Sylvia n’était relâchée que par Gertrude Baniszewski ou par les jeunes du quartier lorsqu’ils voulaient se défouler sur elle. Elle était souvent nue pour amuser ses tortionnaires et ils prenaient plaisir à la jeter sur le sol et à la lancer depuis les escaliers pour qu’elle s’écrase sur le béton. Ils n’hésitèrent pas non plus à la plonger dans une baignoire d’eau bouillante pour “nettoyer la putain”.
Gertrude Baniszewski en voulait toujours plus et elle ordonna à Ricky Hibbs, un garçon du quartier un peu simple d’esprit, de chauffer des aiguilles, afin de marquer la jeune fille fille avec les mots suivants : “Je suis une prostituée et j’en suis fier.” C’est Gertrude qui commença l’écriture, puis demanda au jeune Ricky de terminer cette tâche. Une fois terminée, Baniszewski lâcha toute sa rage sur Sylvia et lui claqua la tête à de multiples reprises contre le mur. Sylvia Likens perdit alors connaissance.

Mais avant cela, Gertrude Baniszewski força Sylvia pour qu’elle écrive une lettre à ses parents où elle expliquait et “avouait” qu’elle était bel et bien une prostituée. Le plan de sa tortionnaire était simple et calculé. Elle voulait laisser Sylvia, morte ou vive, dans une zone isolée. La lettre serait la preuve qu’elle et ses complices étaient innocents.
Quelques jours avant la mort de Sylvia Likens une assistante sociale contacta Mme Baniszewski pour enquêter suite à une plainte anonyme, selon laquelle une “fille aurait des plaies qui couraient sur tout le corps.” Gertrude ne se dégonfla pas et indiqua qu’elle avait jeté Sylvia à la rue puisqu’elle était devenue une prostituée. Il n’y avait donc aucun doute, Mme Baniszewski et son clan avait prévu de se débarrasser de la jeune Sylvia. Celle-ci s’en rendit compte et essaya de s’échapper, en vain. Elle fut capturée et battue jusqu’à perdre connaissance

Le meurtre de Sylvia Likens : La fin du calvaire

Suite à cette escalade de violence, Gertrude Baniszewski se mit à jouer d’une autre manière avec sa victime, puisqu’elle lui offrit des biscuits et des sandwichs, alors qu’elle laissa les jeunes du quartier continuer à la torturer. Les coups pleuvaient et ils lui ordonnèrent de boire de l’urine et de manger des excréments. Suite à ces séances, le corps de Sylvia était tellement meurtri qu’ils prirent peur et lui donna un bain chaud pour qu’elle se détende. Elle a même eu le droit de dormir dans un lit, sans pour autant être libre de ses mouvements. La seule contrepartie à cette subite gentillesse était de ne pas salir les draps. Sylvia ne réussit pas et elle fut frappée à de maintes reprises pour la punir.
Mme Baniszewski remit Sylvia au sous-sol pour la nuit, afin de la punir. La jeune fille en profita pour donner des coups de pelles dans les murs, afin de réveiller le voisinage. Si ceux-ci se sont plaints des bruits et du manque de sommeil, personne n’a eu l’idée d’appeler les secours…

Le 26 octobre au matin, Sylvia était incapable de parler correctement et de coordonner ses mouvements. Gertrude Baniszewski l’emmena dans la cuisine, afin de la faire boire et manger, après l’avoir calée contre un mur. Elle a ensuite été emmenée une nouvelle fois dans le sous-sol. Peu de temps après, Sylvia commença à délirer et à marmonner… Pour tenter de laver Likens, John Baniszewski Jr l’a arrosée avec l’aide d’un tuyau d’arrosage apporté à la maison cet après-midi par Randy Lepper à la demande de Gertrude. Sylvia Likens a de nouveau tenté désespérément de sortir du sous-sol, mais s’est effondrée avant d’atteindre les escaliers. En réponse à cet effort, Gertrude frappa la tête de Sylvia  avant de se lever et de la regarder pendant quelques instants. Stephanie, la deuxième fille Baniszewski, a alors décidé de donner à la jeune fille un bain chaud et savonneux, bien que celle-ci ait cessé de respirer avant de pouvoir la sortir du sous-sol. Lorsque Stéphanie a compris ce qu’il se passait,  elle a essayé de pratiquer de la réanimer en lui faisant du bouche à bouche.

Peu de temps après 17h30, Richard Hobbs arriva dans la maison et se dirigea aussitôt dans le sous-sol. Il glissa sur une flaque d’eau et tomba sur le sol nez-à-nez avec Stéphanie pleurant et câlinant le corps émacié et déchiré de Sylvia. Gertrude Baniszewski prit conscience que Sylvia était morte et demanda alors à Richard Hobbs d’appeler la police à partir d’une cabine téléphonique. Lorsque la police arriva à son adresse vers 18 h 30, Gertrude dirigea les policiers vers le corps de Sylvia, couché sur un matelas souillé dans l’une des chambres à coucher avant de leur remettre la lettre qu’elle avait forcée Sylvia à écrire précédemment. Elle affirma également que cela faisait une heure qu’elle tentait de prodiguer les premiers secours et elle ajouta que Sylvia s’était enfuie avec plusieurs adolescents  plus tôt dans la journée et qu’elle était revenue à son domicile dénudée et blessée.
Lorsque l’officier enquêteur Melvin Dixon est arrivé à la maison, tous les enfants (y compris Jenny Likens) ont répété l’histoire de Baniszewski mot pour mot. Dixon était naturellement choqué par le corps meurtri et meurtri de Sylvia; il nota les détails des comptes offerts par les Baniszewski et était sur le point de partir lorsque Jenny réussit à lui murmurer: « Faites-moi sortir d’ici et je vous raconterai toute l’histoire. »

Malgré les protestations de Gertrude Baniszewski et de son clan, le policier a emmené la fille et a rapidement appris la vérité. La «mère adoptive» sadique a été accusée de meurtre, condamnée à une peine d’emprisonnement à perpétuité. Baniszewski a obtenu un nouveau procès en appel, mais a de nouveau été condamnée et renvoyée en prison. Bien qu’elle ait accordé de nombreuses interviews à des écrivains et à des journalistes derrière les barreaux, elle n’a jamais exprimé de remords. Les enfants qui l’ont aidée à torturer et à tuer Sylvia Likens ont été condamnés à des peines incroyablement courtes. Gertrude Baniszewski était la seule adulte impliquée et, malgré ses tentatives pour affirmer qu’elle était prosternée sur son lit de malade pendant les pires passages à tabac et actes de torture, la plupart des personnes s’attendaient à ce qu’elle reçoive la peine de mort. En 1985, malgré de nombreuses protestations publiques, elle a été libérée sous condition. Pendant cinq ans, elle a vécu discrètement sous un nom d’emprunt et chez sa fille Laura, avant de mourir d’un cancer du poumon.

Source : 

An American Crime de Tommy O’Haver
Indystar : Procès de Gertrude Baniszewski : https://eu.indystar.com/story/news/crime/2015/10/23/indianapolis-most-sadistic-act-sylvia-likens-gertrude-baniszewski-torture-slaying-indianapolis-news-indianapolis-crime-crime-horror-torture/74209878/
allthatsinteresting : https://allthatsinteresting.com/sylvia-likens-gertrude-baniszewski

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s