[Retour sur Saga] – La malédiction de Chucky de Don Mancini (2013)

Don Mancini n’en a pas fini avec sa poupée tueuse, même après presque vingt-cinq années de bons et loyaux services et a même réussi à en faire une figure horrifique incontournable dans le milieu. En réussissant à installer sa franchise dans le temps, le scénariste et réalisateur a su moderniser sa poupée film après film. Si les premiers opus étaient bien plus centré sur l’épouvante et le sérieux, c’est avec le quatrième chapitre, La fiancée de Chucky, que la saga s’est davantage centré sur l’humour noir et le gore rigolo. Don Mancini a ainsi voulu garder le même cap avec Le fils de Chucky et on était en droit de s’attendre à un énième opus dans la même veine, et pourtant. Don Mancini revient avec directement en Dvd avec La malédiction de Chucky, un temps annoncé comme un remake…

La fameuse poupée tueuse est de retour. Cette foi-ci, elle terrorise une famille lors d’un enterrement…

Le premier constat que l’on peut se faire avec ce sixième opus, c’est que Don Mancini a abandonné l’idée d’un remake, mais tout en piochant des idées dans chacun des films pour en faire une fusion assez frileuse. Le réalisateur se recentre autour des fondamentaux, de sa poupée et revient à un schéma qui n’est pas sans rappeler celui du premier opus, Jeu d’enfant. Alors que Don Mancini s’était plié à la mutation qu’avait connu le cinéma d’horreur dans les années 2000 avec l’avènement du trash, du gore et de la brutalité, en changeant totalement l’aspect de sa poupée. Ici, avec un budget moindre,  il rompt avec cette tentative pour revenir à un cinéma horrifique plus simple et avec peu d’artifices. C’est ainsi que La malédiction de Chucky va s’articuler autour d’une petite poignée de personnages et surtout dans un quasi huis-clos renforçant cette idée de simplicité. Don Mancini fait donc preuve d’inventivité pour tenir le budget avec un long-métrage qui met le confinement en plein cœur de son récit. L’atmosphère particulière du film fonctionne, bien que l’ensemble soit assez paresseux, notamment dans sa première partie où il ne se passe pas grande chose. Le réalisateur prend son temps pour poser son ambiance, peut-être un peu trop, mais n’en oublie pas de nous offrir une scène d’accident de voiture jouissivement gore.
Le manque de budget se fait également sentir dans le choix des acteurs et donc dans le jeu qu’ils peuvent proposer. Il y a peu de moments à sauver dans ce long-métrage, sauf lorsque Brad Dourif intervient pour la première fois de manière plus conséquente, offrant ainsi un peu plus de substance au personnage de Chucky et faisant un lien plus important entre les différents opus de la saga.

Le cas de La Malédiction de Chucky est plutôt particulier, car Don Mancini n’y insuffle aucune nouveauté, voire d’originalité. Rien de bien nouveau donc, mais le réalisateur réussit à habiller son long-métrage d’un suspense et d’une tension parfaitement dosé en ne faisant intervenir Chucky qu’en seconde partie. Il faudra donc s’accrocher durant une bonne quarantaine de minutes et faire connaissance avec les personnages, avant d’avoir le droit au festival de notre poupée tueuse qui n’a toujours pas perdu sa verve. La tension monte crescendo, et ce, jusqu’au climax qui est tout simplement parfait. Plus horrifique, moins lourd que les deux précédents volets, La malédiction de Chucky joue avec nos nerfs et avec son décor quasi-unique pour nous foutre la frousse. Le film se transforme petit à petit en un face-à-face entre une poupée et une personne en fauteuil, apportant ainsi son lot d’amusements et de rythme.
Don Mancini n’en oublie pas le gore pour autant et semble toujours s’amuser à mettre en scène des mises à mort inventives. On ne dépasse jamais le stade de la série B classique, mais ce n’est pas vraiment ce que l’on demande à la saga Chucky. On prend plaisir devant ce long-métrage et c’est qui avait un peu manqué dans les précédents. La malédiction de Chucky dénote un peu de l’ensemble des productions de l’époque en misant sur une mise en scène à l’ancienne, sans trop user d’effets visuels. On retrouve cette envie de ne pas trop montrer la poupée, à l’instar de Jeu d’enfant et c’est tout à l’honneur du réalisateur. Cette prise de risque est possible grâce notamment à l’exploitation du manoir à l’esthétique gothique des plus réussis. 

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