MERCY BLACK de Owen Egerton : Une exclusivité Shadowz

La société de production Blumhouse ne semble pas vouloir lâcher le morceau du cinéma de divertissement horrifique, puisqu’il débarque en France avec un nouveau long-métrage au doux nom de Mercy Black. D’abord sortie aux US sur la plateforme Netflix en 2019, le film de Owen Egerton a pris ses quartiers sur la nouvelle plateforme française dédiée au cinéma horrifique, fantastique et policier, Shadowz.
Retour sur un long-métrage qui revient sur la question de légende urbaine…

Quinze ans après avoir invoqué un fantôme imaginaire connu sous le nom de Mercy Black, Marina sort d’un institut psychiatrique et retourne dans sa ville natale pour vivre avec sa sœur et son neveu. Mais alors que Mercy continue de la hanter et que le nombre de morts augmente, elle doit faire face à sa plus grande peur et découvrir la vérité sur son passé avant que Mercy Black ne s’en prenne à son neveu.

avis Mercy Black

S’il y a bien une chose à retenir de ce Mercy Black, c’est que Blumhouse réussira toujours à me surprendre quant à la diversité de films que la société de production peut proposer. Véritable rouleau compresseur du genre horrifique, Jason Blum roule sur la concurrence en proposant des dizaines de long-métrage par an, et ce depuis une dizaine d’années maintenant. On ne va pas se mentir, le producteur s’est avant tout fait connaître par de grosses licences de divertissement à la qualité parfois douteuse, mais aussi avec d’autres qui auront marqué leur temps (Paranormal Activity, Insidious, American Nightmare). Mais depuis quelques années, Jason Blum semble alterner entre gros divertissement et film plus intimiste, avec de véritables auteur derrière la caméra (Blumhouse produit les films de N. Night Shyamalan depuis The Visit ou encore les longs-métrages de Jordan Peel (Get Out, Us)). Bien que je n’irais pas jusqu’à dire que Mercy Black soit un film d’auteur, il faut bien admettre que le long-métrage de Owen Egerton surprend par sa sobriété et ses quelques moments de prouesses horrifiques.

avis Mercy Black

Qu’on se le dise, le réalisateur ne brille pas par ses idées de mises en scènes, puisque celles-ci restent assez classiques dans le genre. Owen Egerton ne cherche pas à nous offrir des plans de qualité, bien que certains pourront sortir du lot, mais semble vouloir nous offrir un long-métrage se reposant sur son ambiance et sur sa montée en tension. Si vous êtes habitué à l’horreur Made In Blumhouse qui va à cent à l’heure, je pense que vous serez déçu. Par contre, si vous êtes à la recherche d’un film qui sait prendre son temps et jouer avec son histoire pour faire monter la pression, alors Mercy Black devrait faire l’affaire. Le réalisateur semble prendre un malin plaisir à étirer ses séquences pour que l’on craigne une apparition dans un coin, derrière nos personnages ou encore dans un espace vide. Owen Egerton la joue fine et on sent derrière tout cela une volonté de s’inspirer du cinéma d’horreur asiatique où le malaise se met en place progressivement, notamment une espèce d’austérité dans l’image. Et si, cet aspect n’est pas aussi parfait qu’un Ring ou encore d’un The Grudge, il faut quand même admettre que c’est efficace. Le réalisateur s’appuie également sur quelques jumpscares, propre au style du long-métrage, pour mettre un point d’orgue à toute cette tension. C’est aussi avec ce procédé que le cinéaste surprend, puisqu’il n’en abuse pas et semble maîtriser sa mise en scène. 

avis Mercy Black

Vous l’aurez compris, Mercy Black de Owen Egerton mise sur la simplicité, afin de rendre floue la barrière entre le réel et le fantastique. En s’inspirant ouvertement de deux affaires criminelles, le réalisateur fait en sorte de maintenir une certaine ambiguïté dans cette histoire. La première inspiration vient du cas de Mary Bell, datant de mai 1968, qui a manipulé une jeune fille de son âge pour tuer un enfant de 3 ans. La seconde inspiration est plus récente, puisqu’elle date de 2009. Celle-ci correspond aux cas de Morgan Geyser et Anissa Weier, qui ont poignardé à dix neuf reprises une de leurs camarades de classe, pour servir le Slender man
Il est indéniable que ce deuxième cas ait attiré Owen Egerton, puisque l’histoire du film reprend ce fait divers, sauf que le Slender Man est remplacé par Mercy Black. Le réalisateur joue sur plusieurs plans pour nous parler de légendes urbaines, de schizophrénie, mais aussi et surtout de rédemption et de reconstruction. Au milieu de ce chaos psychologique, il y a le personnage de Marina, joué par Daniella Pineda (Jurassic World : Fallen Kingdom), qui lutte contre ses peurs et la création de Mercy Black, qui semble devenu virale. Owen Egerton évoque la dangerosité de ce phénomène, tout en essayant d’entrer dans la tête d’une jeune qui lutte contre la mort et qui se sent impuissante face à son trauma. Si le résultat obtenu n’est pas vraiment équilibré, le réalisateur renverse la situation avec un dernier plan aussi énigmatique que frustrant…

avis Mercy Black

Vous l’aurez compris, Mercy Black de Owen Egerton est un film d’horreur que je vous conseille de découvrir sur la plateforme Shadowz. Si le long-métrage manque un peu de budget et d’audace dans sa forme, il n’en reste pas moins agréable à regarder et très intéressant dans son rapport à l’horreur atmosphérique. 

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