[Retour sur Saga] – Phantasm 2 de Don Coscarelli (1988)

Avec son premier opus Phantasm, Don Coscarelli avait apporté du sang neuf dans la production horrifique des années 70, avec une proposition hors normes, onirique, perturbante et malsaine qui en avait marqué plus d’un. Suite à cette réussite qui a fini par faire entrer Phantasm dans le panthéon du culte, le réalisateur était parti tenter autre chose avec Dar d’invincible en 1982. Suite à cela, le Studio Universal le contacte pour mettre en scène une suite en 1988, mais sous certaines conditions…
C’est avec un budget beaucoup plus confortable (3 000 000 $ contre 300 000 $) que le cinéaste américain se lance dans la réalisation de ce Phantasm 2. Réussite ou échec ? Don Coscarelli réussit le pari fou de s’accommoder des contraintes du studio, tout en gardant son indépendance créative, afin de nous offrir une suite qui rompt avec son premier opus. 

 » Six ans ont passés depuis les événements du premier Phantasm. Mike Pearson sort d’un hôpital psychiatrique, traumatisé par les horreurs que lui ont fait endurer le Tall Man et ses acolytes venu d’un autre monde. Cependant, avec son amie Reggie, il se trouve bien décidé à s’engager dans une quête afin d’éliminer cette entité maléfique.

avis Phantasm 2 Don Coscarelli

Premier constat en lançant ce film : le budget plus important octroyé par le Studio Universal (Phantasm 2 reste tout de même le long-métrage le moins cher du studio dans les années 80). Don Coscarelli ouvre son film sur une scène de rêve iconique et explosive où le Tall man retrouve la piste de Mike pour en finir avec lui. Tout est là pour nous montrer que le réalisateur a plus de liberté dans ses mouvements et dans ses effets. Il y a une multiplication des effets, de figurants, amenant directement une certaine tension horrifique avec l’arrivée de ce croque-mitaine. Les esclaves nains sont en nombre, la bataille fait rage et la maison explose, laissant le Tall Man repartir bredouille.
Deuxième constat de ce Phantasm 2 : Don Coscarelli s’émancipe de la thématique du deuil, de cette mélancolie macabre sur fond de perte des illusions de l’enfance et provoque une rupture de ton jouissive et intéressante. Don Coscarelli  s’intéresse bien plus volontiers à la thématique de la violence, allant parfois vers un revenge movie. De toute façon, il est indéniable que ce long-métrage soit un road-movie avec des airs de post-apo, ne serait-ce que par l’intervention de voix off, les paysages désertiques, les magasins vides et les villes fantômes. Phantasm 2 ressemble à un Mad Max apocalyptique où l’humour se fera plus présent…

Bien plus funs et burnés, nos deux héros se transforment en deux justiciers prêts à tout pour botter le cul du Tall Man. D’autres références font alors leur apparition, notamment avec cette construction de fusil à quatre canons sciés et du choix de la tronçonneuse, qui renvoie à la figure mythique d’Ash de la trilogie Evil Dead de Sam Raimi ; d’ailleurs un petit clin d’oeil se glissera par la suite dans cet opus. Don Coscarelli évoque bien volontiers Massacre à la tronçonneuse 2 de Tobe Hooper, lors d’une scène de combat entre un homme de main munie d’un masque à gaz et de Reggie. Bref, le réalisateur se fait plaisir et cela se voit.  Si le premier opus de Phantasm a sûrement inspiré Wes Craven pour la création de Freddy Krueger, c’est maintenant au tour de Don Coscarelli de reprendre certains maquillages qui nous feront penser au tueur de la rue de Elm.  Ce deuxième opus garde le côté artisanal, dans le bon sens du terme, et nous régale de plusieurs effets pratiques de grande qualité, alliant texture et gore. Le cinéaste s’est entouré de Mark Shostorm – qui a travaillé sur Evil Dead II – et cela se ressent fortement.

Si Phantasm 2 est moins dérangeant du point de vue psychologique, il n’en reste pas moins marquant avec cette tendance à lorgner du côté du body horror qui a fait le succès de certaines franchises et réalisateurs. Si le premier opus semblait froid et sans vie, ici c’est tout le contraire. La photographie est particulièrement soignée, les tons sont chauds, les décors semblent vrais et variés, si bien que l’on entre plus facilement dans l’univers de Don Coscarelli. Univers qui est bien plus développé que dans dans le premier Phantasm, quitte à perdre parfois en mystère et subtilité. Pourtant, Phanstam 2 se place volontiers dans la catégorie des très bonnes suites et montre que son créateur et réalisateur fourmille encore de très bonnes idées, ce qui augure de bonnes choses pour la suite. Don Coscarelli réussit à maintenir son projet en vie en le faisant évoluer pour lui apporter une nouvelle dimension, bien que l’on puisse regretter l’absence de cette sensation vertigineuse de l’insondable.

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