[Retour sur Saga] – Phantasm 4 : Oblivion de Don Coscarelli (1998)

Après un troisième Phantasm qui revenait un tout petit peu à l’ambiance du premier méfait, ainsi qu’avec le côté comédie d’action du deuxième, Don Coscarelli revient seulement 4 ans après pour nous proposer un quatrième chapitre. Toujours seul maître à bord du projet, le réalisateur se voit allouer un budget encore plus petit (on parle de 600 000 dollars), mais ce sera encore un challenge de plus, afin de prouver au monde entier de la différence de sa saga face à la concurrence. Don Coscarelli part donc avec l’idée de nous offrir un nouvel opus qui reviendrait aux fondations du mythe, avec une ambiance digne d’un cauchemar éveillé.

Mike poursuit à présent le « Tall Man » à travers le temps et l’espace, à la recherche des origines du sinistre individu et de ce qui s’est véritablement passé la nuit où son frère a trouvé la mort…

Autant ne pas y aller par quatre chemins, mais ce Phantasm 4 : Oblivion est tout simplement le meilleur, selon moi, de la saga. Don Coscarelli continue à se démarquer en partant, une nouvelle fois, dans une autre direction artistique, afin de surprendre les fans de la première heure. Pari risqué, puisque ces mêmes fans critiqueront ouvertement cette nouvelle suite… Ce nouveau Phantasm n’est pas une suite classique, puisque le réalisateur va revenir à quelque chose de plus abstrait, de moins commercial. Phantasm 4 apparaît alors comme l’aboutissement du travail de Coscarelli, que ce soit au niveau de l’esthétique, du mélange des genres, de ses thématiques et de ses interrogations. Don Coscarelli maîtrise son univers depuis le premier opus et cela se ressent, puisque celui-ci n’a pas eu besoin de partir dans tous les sens pour accoucher d’une saga de qualité.

Ce retour au source sera sous forme de montage alterné entre Mike et Reggie. Le premier est perdu dans la Death Valley et part à la recherche du Tall Man, tandis que le second repart sur la route pour retrouver Mike et rencontrera une flopée de monstres qui tenteront de le stopper. L’aventure de Reggie sera plus divertissante en reprenant les codes des deux précédents opus, puisque le réalisateur mélangera horreur, comédie et action, avec plus de facilité. Le plaisir de suivre ce personnage est toujours aussi sympathique et les monstres seront assez variés pour qu’on ne s’ennuie pas. On passe du policier zombie, à la bimbo faite de sphères tueuses.
La force du montage de Don Coscarelli opère sur nous, puisque l’on passe d’une scène amusante avec Reggie, à quelque chose de bien plus symbolique et transcendantale avec Mike. Le réalisateur souffle le chaud et le froid, afin de nous déstabiliser et nous faire vivre un véritable cauchemar éveillé. Le Tall Man n’aura jamais paru aussi inquiétant dans ce désert où sa silhouette émerge au loin. Don Coscarelli apporte tout son talent pour nous apporter des plans dignes d’un tableau de Salvator Dali. Phantasm 4 : Oblivion est une oeuvre hors du temps qui déstabilise son spectateur durant 1h30.  

Plus expérimental, Phantasm 4 est une quête philosophique de la part de Mike pour comprendre la notion de mort, de succession ou de but dans la vie. Don Coscarelli appuie la thématique de la relation père/fils qu’il a pu développer tout au long des trois précédents opus. Le Tall Man est érigé en figure paternel pour notre héros et cette idée à de quoi intriguer… D’ailleurs, le réalisateur va en profiter pour s’attarder sur ce personnage, afin de revenir sur son passé. On découvre alors une bonne partie de la mythologie de celui-ci, remontant jusqu’à la période colonialiste. Métaphore parfaite entre cette période et le fait que le Tall Man vise à transformer la population en esclavage…
Avec son rythme lancinant et particulier, Don Coscarelli prend le risque de ne pas plaire à tout le monde, mais son long-métrage n’en ressort que plus fort. L’ambiance plonge dans un côté nostalgique qui ne parlera qu’aux fans, mais le réalisateur maîtrise tellement son cauchemar que ce Phantasm 4 : Oblivion nous touche. 

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