[Retour sur Saga] – Phantasm 5 : Ravager de David Hartman (2016)

Il en aura fallu du temps avant que ce cinquième opus voit le jour, puisque l’idée était présente depuis 2004. Don Coscarelli, le créateur de la saga, réalisateur et scénariste des quatre premiers opus avait déjà dans l’idée de repartir sur un nouveau long-métrage, histoire de clôturer sa saga. Dès lors, c’est l’escalade des annonces des négociations, avec entre autres une idée de reboot par la New Line Cinema en 2005, puis une arrivée en salle en 2012. Les rumeurs vont bon train, notamment avec celles de Don Coscarelli qui aurait écrit, filmé et produit son nouvel opus avec l’aide de David Hartman et le tout en cachette. C’est finalement en 2014 qu’un premier trailer est dévoilé au public et le cinquième Phantasm n’arrivera qu’en 2016. Au niveau des chiffres et des années, c’est assez dantesque. Il aura fallu attendre 37 ans après le premier opus pour poser une conclusion sur cette saga et surtout 18 ans entre l’épisode 4 et le 5. Malheureusement, Angus Scrimm, l’acteur du Tall Man, ne verra pas le long-métrage fini, puisqu’il mourra 10 mois avant la sortie…
Entre longue attente et crainte, le fan de la saga était en droit d’en attendre beaucoup, surtout lorsque l’on voit que ce n’est pas Don Coscarelli qui se retrouve derrière la caméra.

Reggie se retrouve perdu entre plusieurs niveaux de réalité, où il essaye de retrouve son ami Mike, ainsi que son frère Jody, afin de combattre une dernière fois le Tall Man.

L’obscurité tombe, Phantasm 5 : Ravager peut commencer et le premier constat que l’on peut se faire sur cette introduction d’une dizaine de minutes, c’est que ce cinquième opus est un film fait par passion, pour les fans, mais dont l’esthétique rappelle celle d’un fan film… Que ce soit pour le choix de la lumière naturelle, qui empêche tout travail de la colorimétrie ou encore le peu de budget alloué au cgi, Phantasm 5 ne brille pas par sa réussite. Le long-métrage souffre visuellement, si bien que cela en devient vite dérangeant. La caméra de David Hartman tremble, les plans ne sont pas très beau et les incrustations numériques font peur à voir, surtout celles qui se déroulent en plein jour. Les premières minutes du film sont vraiment douloureuses pour le regard, mais aussi pour l’audition, puisque les lignes de dialogues ne volent pas bien haut. Phantasm 5 : Ravager fait peur pour la suite du long-métrage et l’on regrette le fait de ne pas voir Coscarelli derrière la caméra…

Finalement, la sauce prend et c’est avant tout dû à l’univers Phantasm avec ses personnages que nous avons suivis depuis le début et que nous avons appris à aimer, son ambiance sonore et son atmosphère particulière qui navigue toujours entre plusieurs genres. Ce sera encore le cas ici, puisque Don Coscarelli prouve, une nouvelle fois, que tout était pensé et que le cinéaste nous offre une saga qui tient la route de A à Z. On retrouve une force dans les thématiques, dans le texte et dans les propos que l’on ne retrouve plus dans les sagas horrifiques. Naviguant entre la jeunesse, la nostalgie et tout ce qui tourne autour de la thématique de la mort, Phantasm 5 : Ravager explore tout cela sous la forme d’un dernier voyage contre la vieillesse. Avec une narration complètement fracturée, à l’image du premier opus, Don Coscarelli nous pousse à la réflexion, puisque nous ne savons jamais vraiment où se situe la réalité dans ce qu’il nous propose. On retrouve les personnages dans divers endroits, diverses unités de temps et de lieu, si bien que l’on en vient à douter de ce que l’on a devant les yeux. Le réalisateur David Hartman, avec l’aide de Don Coscarelli, nous plonge dans divers univers allant du simple hôpital, à un monde post-apo contrôlé par les sphères du Tall Man

Si le début est chaotique, le duo réussit à nous toucher dans cet ultime voyage. Tout y est respecté et le fan trouvera tout ce qu’il avait aimé auparavant. Il n’y a aucun doute à avoir, mais ce Phantasm 5 : Ravager est bien le genre film fait pour les fans. À travers ce dernier tout en compagnie de Reggie, Mike et le Tall man, je tenais à souligner l’incroyable travail de Don Coscarelli derrière toute cette saga, puisque celui-ci a su faire tenir sa saga sur cinq opus sans se perdre. Phantasm est une saga incroyablement riche, respectueuse d’un art que l’on aimerait voir plus souvent dans les salles obscures. L’univers se termine sur d’autres questions et c’est en cela que la saga se démarque, car cela ne serait pas un phantasm si l’on avait le droit d’avoir toutes les réponses. Maintenant, il ne reste plus qu’à espérer que les studios ne reviennent pas dans quelques années pour relancer la machine, pour ressusciter les morts pour le profit. La saga de Don Coscarelli se suffit à elle-même et c’est déjà très bien. 

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