Okuribi – renvoyer les morts de Hiroki Takahashi : Toucher par la grâce

Toucher par la grâce.

Je vais vous parler d’un court roman envoûtant, violent et poétique qui se nomme Okuribi – Renvoyer les morts de Hiroki Takahashi publié aux Éditions Belfond.

La 4eme de couverture

Au début, Ayumu a cru à des jeux innocents. Des moqueries, des mises au défi, des vols de babioles dans les magasins. D’autant que, pour lui, l’étranger venu de la grande ville, c’était un bon moyen de s’intégrer parmi ses nouveaux camarades dans ce petit lycée de province.

Et puis Ayumu a commencé à remarquer. Les humiliations, les punitions, les coups, tous dirigés vers le doux Minoru.

Alors Ayumu s’est interrogé : que faire ? Intervenir ? Fermer les yeux ? Risquer de se mettre les autres à dos ? Ne rien faire ?

Et l’Okuribi est arrivé, la fête des Morts. Et tout a basculé…

Okuribi – Renvoyer les morts : Toucher par la grâce

Ne vous fiez pas à la comparaison de la maison d’édition avec Battle Royale, car Okuribi – Renvoyer les morts en est quand même assez loin et vous risqueriez d’être déçu… Mais laissez vous tout de même tenter par cette lecture surprenante, presque onirique, mais surtout assez dure. Cette chronique ne sera pas forcément longue, à l’image de ce court récit de 120 pages qui nous est offert par Hiroki Takahashi, mais elle pourrait peut-être bien vous donner envie de vous plonger dans cette histoire troublante.
L’auteur nous plonge directement dans son univers avec la découverte du jeune Ayumu qui arrive, avec sa famille, dans une nouvelle région. Quittant la tentaculaire Tokyo pour le petit village de montagne, le jeune garçon trouve rapidement ses marques au sein de son nouvel établissement scolaire. Il rencontre des jeunes de son âge, se lie d’amitié et entre même dans une bande d’amis. Tout semble aller pour le mieux pour lui, mais très vite certains détails vont le questionner et nous aussi par la même occasion…

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C’est avec une écriture pleine de lyrisme et de pudeur que Hiroki Takahashi nous plonge dans le quotidien de l’adolescence testant leurs limites à travers des jeux dangereux, des paris stupides et des brimades. Le climat de l’histoire alterne entre douceur de la vie, découverte de cette nouvelle région, de son folklore et moment de tensions extrême. L’auteur joue avec les ellipses, les réflexions internes de son héros pour nous contraindre à être spectateur de ce qu’il se passe dans ce groupe d’amis. Il n’y a aucune issus et on assiste impuissant à une escalade de la violence, à la suprématie d’un leader parmi le groupe. On ne comprend pas vraiment ce qu’il peut se passer dans la tête de ces personnages et l’auteur en profite pour passer très vite à autre chose. Le dégoût d’une scène, l’incompréhension que celle-ci suscite laisse place immédiatement à la douceur du quotidien. La violence est palpable, on la ressent page après page. On ne sait pas ce qu’il pourrait se passer de pire et puis le moment arrive. Notre impuissance est à son paroxysme. On est littéralement subjugué par ce qui arrive. On regarde, on participe bien malgré nous à un spectacle horrible, inhumain, insultant, d’une violence crasse. Hiroki Takahashi assène le coup de grâce à son histoire et termine son récit de façon brutale, mais poétique.


Okuribi – Renvoyer les morts fait partie de ces romans qui vont me marquer au fer rouge, qui me sort de ma zone de confort, pour devenir inoubliable. Hiroki Takahashi nous offre une oeuvre courte, marquante et poétique, où la violence de l’adolescence côtoie le quotidien avec grâce. 

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