Driller Killer de Abel Ferrara (1979)

Vous ce que vous voulez, c’est plonger dans l’esprit d’un tueur en devenir ? de comprendre l’importance du contexte sociale et personnel pour justifier du passage à l’acte ? Mais ce que vous voulez avant tout, c’est du gore qui tâche. Alors, ne cherchez plus et tentez le visionnage de Driller Killer de Abel Ferrara.

Reno, peintre résident dans un quartier malfamé de New York, avec sa fiancée et la maîtresse de cette dernière, peine à payer ses loyers. Il travaille sans relâche sur ce qui sera, selon lui, son chef-d’œuvre. Cependant, il ne parvient pas à donner la touche finale au tableau. Il est progressivement atteint d’hallucinations où il s’imagine, perceuse électrique à la main, tuer les sans-abris du quartier. 

1979. le cinéma est en pleine révolution depuis déjà quelques années avec le Nouvel Hollywood et le monde du septième art se voit inondé par de multiples propositions audacieuses, parfois violentes, sans complexes et souvent marquantes. C’est dans ce contexte que Abel Ferrara nous offre son tout premier long-métrage, Driller Killer, qui paraît insignifiant à l’époque, mais qui pourtant mérite une place dans votre collection de pellicules crasseuses et dérangeantes.
Ce film prend place dans les bas-fonds de New-York avec ses ruelles sales, poisseuses et dangereuses. Le terreau parfait pour mettre en scène la folle escapade d’un homme essayant de contrer la misère sociale. Avec Driller Killer, Abel Ferrara nous plonge dans un contexte social très pauvre, idéal pour nous faire prendre conscience que cette histoire pourrait être réelle. La précarité est au centre de ce récit et celui-ci prendra son temps pour faire monter la pression psychologique, et ce jusqu’à son paroxysme. Ne vous attendez pas à un long-métrage survitaminé ou complètement fou. Au contraire, Driller Killer se mérite, s’étudie et se savoure. Le cinéaste nous offre le grand plongeon dans la tête d’un artiste-peintre sans le sous, sans reconnaissance, proche de vivre dans la rue.

La première partie ressemble à s’y méprendre à une sorte de documentaire dramatique autour d’une vie d’artiste qui vit en marge de la société, sous fond de punk et de drogues. La situation se détériore au fil des minutes et c’est tout un passé qui ressurgit pour notre artiste. Véritable cocotte minute, celui-ci boue au fond de lui et n’arrive plus à contenir toute la violence qui fait rage en lui. C’est là que le film de Abel Ferrara prend un virage complet dans le film d’horreur bien gore, le tout en plein cadre. On suit la mort qui est prise d’hallucinations, apportant une nouvelle aura à ce long-métrage. Driller Killer se démarque par ces quelques fulgurances de style, son côté psychédélique, mais également par la folie qui s’en dégage. 

3 commentaires Ajouter un commentaire

  1. princecranoir dit :

    J’aime beaucoup ce film à l’image de l’artiste debranlé qu’est Ferrara : New-York en mode bas fond, artist maudit et no future, et l’envie de faire gicler lecarlate sur la toile, que du bon. J’aime encore plus « l’ange de la vengeance » qui suivra de peu l’œuvre du cinéaste.

    Aimé par 2 personnes

    1. tomabooks dit :

      Je n’ai pas vu le film que tu cites, mais ça me pousse à le trouver. J’ai un souvenir ému de Driller Killer, celui d’un ado paumé qui pioche parmi les DVD du grand frère 😀

      Aimé par 1 personne

      1. princecranoir dit :

        Tu devrais trouver satisfaction dans « l’ange de la vengeance » (ou « Ms 45 » pour les spécialistes), ou l’histoire d’une jeune femme violée fait écho au futur Bad Lieutnant agrémenté d’un rape and revenge furieux et stylé comme sait les réaliser le père Ferrara. Très certainement un de ses meilleurs films.

        Aimé par 1 personne

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