Le dernier exorcisme de Daniel Stamm (2010)

Vous vouez un culte, comme moi, à L’exorciste ? Vous appréciez le format found footage ? Vous voulez voir les deux réunis avec intelligence ? Alors, je pense que Le dernier exorcisme de Daniel Stamm est fait pour vous. 

Un pasteur en difficulté accepte de laisser son dernier exorcisme être filmé par une équipe documentaire.

Comme ça, de primes abords, on pourrait s’attendre à une énième daube qui surfe sur les vagues des différents succès commerciaux de l’horreur (les histoires de possession et le format Found footage) et pourtant Daniel Stamm réussit à tirer son épingle du jeu avec un long-métrage qui monte en pression pour nous faire vivre l’horreur au plus près.
Le réalisateur nous fait suivre les traces de Cotton Marcus, révérend adulé et exorciste troublé dans sa foi, qui prépare un documentaire pour prouver que les démons n’existent pas et que les pratiques d’exorcismes ne sont que de la poudre aux yeux face à des problèmes plus terre-à-terre. Le terreau est parfait pour justifier l’emploi de la caméra à l’épaule, bien que le montage final laisse quelque peu à désirer sur certains points (montage, musique, etc.). Le dernier exorcisme débute donc avec une longue introduction qui nous plonge dans le bayou américain, fait de multiples croyances, mythes et peurs. Le ton est donné lorsque nos personnages arrivent sur place et laisse voir un environnement hostile, délabré et pauvre. Daniel Stamm saisit déjà l’essence même d’un bon film d’exorcisme, à savoir le contexte social…

Le trouillomètre n’est pas encore là dans les premiers instants, puisque le réalisateur use du documentaire pour nous faire entrer dans la vie de cette famille en plein tourment, mais aussi dans le quotidien de Cotton Marcus, interprété par le très bon Patrick Fabian. La bonne blague du début s’enfonce peu à peu dans le drame social, mais également dans un fantastique crasseux. Daniel Stamm réussit l’impensable avec ce long-métrage, puisque ses images prises sur le vif vont nous attraper pour ne plus nous relâcher. Le procédé est très malin, si bien que celui-ci parvient à nous faire croire et à nous faire accepter ce que l’on a devant les yeux. En oscillant constamment entre le fantastique, la possession et le fait-divers, le cinéaste laisse le doute s’installer, tandis que l’atmosphère devient plus rance. L’horreur se faufile tranquillement jusqu’à nous, si bien qu’une fois dedans, il est trop tard pour reculer…

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