Le massacre des Morts-Vivants de Jorge Grau (1974)

Vous aimez les zombies ? Vous êtes un écolo dans l’âme ? Alors ne cherchez plus et regardez Le Massacre des Morts-Vivants de Jorge Grau, aka le pessimisme pour les nuls.

George et Edna font connaissance après un accident de la route ayant détruit la moto du jeune homme. Edna lui propose alors de l’amener jusqu’à la ville la plus proche. Une fois arrivés, Edna se fait sauvagement attaquer par un inconnu et qui disparaît aussitôt. Point très inquiétant, l’agresseur serait un petit délinquant mort il y a déjà pas mal de temps…

1968. George A. Romero débarque avec La nuit des morts-vivants et vient secouer toute une production horrifique qui se basait sur l’hégémonie des anciennes figures mises en place par la Hammer. Il faudra attendre dix années de plus pour que le père des zombies revienne avec un nouveau long-métrage, Dawn Of The Dead. Dès lors, on donne bien volontiers et à juste titre un aspect politique à la représentation que fait Romero de ses zombies. Celui-ci explore et dénonce une société consumériste, capitaliste et égoïste. Même mort, l’humain revient à ses vieux démons et à ses réflexes de consommateur dans un centre commercial vidé de toute humanité.
Mais entre ces dix années, le genre du zombie a commencé à se démocratiser, apportant son lot de longs-métrages mythiques, oubliables et mémorables. Dans le lot, il y a Le massacre des Morts-vivants de Jorge Grau, film italo-espagnol qui surfe sur la vague du premier film de George A. Romero. Pourquoi parler de ce long-métrage plutôt qu’un autre ? Tout simplement parce que c’est sans doute l’un des premiers films de zombies à parler d’écologie, de l’ère atomique et d’un monde qui part à la dérive. 

Jorge Grau se démarque des autres par une ambiance plus glaçante, plus diffuse où le sentiment d’abandon et donc de peur est bien plus présente. Le réalisateur joue avec nous, avec nos nerfs, afin de mettre en place une sensation désagréable. Les zombies ne sont pas là par milliers, ils avancent lentement, ils arrivent, ils nous surprennent et tout cela grâce à l’utilisation du son. Le sound-design est ici utilisé pour nous faire entendre chaque bruit de pas, chaque râle, chaque respiration et cela suffit pour mettre en place la peur.
Pour ne rien gâcher, le réalisateur profite de son statut de film d’exploitation pour nous offrir des corps en putréfaction, du gore et des scènes de cannibalisme assez lente, permettant ainsi de donner un côté figé à ses séquences.
Le massacre des Morts-Vivants est un long-métrage pessimiste jusque dans ses derniers instants. C’est un film qui oppose la grande ville industriel, puante et polluée face à une campagne qui commence à ressentir les effets. La déshumanisation arrive à grand pas et Jorge Grau va nous montrer un face-à-face entre une jeunesse marginalisé et une tranche de la population qui tend vers le conservatisme qui prend de plus en plus de place à l’époque dans de nombreux pays. Le réalisateur montre le déclin d’un style de vie, de la mort d’un mouvement politique au profit d’un autre qui va droit dans le mur et dont on subit encore les conséquences aujourd’hui…

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