I Spit On Your Grave de Steven R. Monroe (2010)

Le cinéma d’horreur, c’est aussi s’aventurer parfois vers une réalité crasseuse, horrible et surtout profondément insoutenable. Attention, le film du jour n’est pas à mettre entre toutes les mains… I Spit On Your Grave de Steven R. Monroe est là pour choquer et il le fait très bien.

Jennifer, jeune et jolie écrivain, s’isole dans un chalet pour y écrire son nouveau roman. Elle qui s’attendait à une retraite tranquille, se retrouve violée et torturée par cinq hommes. Abusée par chacun d’entre eux, laissée pour morte, elle se livrera à une vengeance sans pitié…

Que l’on trouve le procédé trop pervers ou trop dangereux, il est indéniable que le sous-genre du Rape & Revenge est celui qui nous touche le plus facilement. Souvent proche du torture-porn, celui-ci amène une réalité crasse devant nos yeux de voyeur et cela fait mal, très mal…
I Spit On Your Grave de Steven R. Monroe ne démarre pas forcément sur de bonnes bases avec un scénario maladroit et convenu, mais qui a le mérite de mettre tout en place avec une facilité déconcertante. La photographie est brute, presque froide. On sent que l’environnement n’est pas si sain que cela et que le réalisateur décide de nous plonger au cœur d’une Amérique sale, White Trash, sans limite et surtout très dangereuse. L’atmosphère est tendue, l’héroïne encore inconsciente de son sort ne voit pas le jeu de regard que s’échange les trois mécanos… L’idylle du chalet perdu au milieu de nul part se transforme vite en un jeu pervers, fait de malaise, d’inconfort et d’une peur viscéral qui ne nous lâchera pas. Le réalisateur prend son temps, trop peut-être pour notre esprit. Notre côté voyeur est mis à rude épreuve.

La scène dure, Steven R. Monroe va se focaliser sur la violence de l’acte, sur les gestes, les attitudes, les mots. La scène ne sera pas filmée en totalité et laissera place à notre imagination, ce qui peut être pire par moments. Les yeux se ferment, l’inimaginable se passe. Le cœur au bord des lèvres, la peur au ventre, la scène se termine et la tempête ne fait que commencer.
La revanche a sonné. I spit On Your Grave se dévoile dans cette dernière partie avec une héroïne qui se transforme en bourreau vengeresse. Ses apparitions, presque fantomatiques, marquent à tout jamais. Jennifer Hill tient tout le long-métrage sur ses épaules. Elle devient froide, calculatrice, sans pitié pour ses agresseurs. Alors que le réalisateur nous avait épargné certains détails dans la première partie, celui-ci se lâche quand il est question de prendre sa revanche sur la gente masculine. Véritable régal de mise à mort, Steven R. Monroe ne lésine pas sur l’inventivité, la froideur et la cruauté.
L’empathie pour Jennifer est présente. Notre côté voyeur l’encourage dans cette vengeance macabre et folle. Le réalisateur reste dans une réalisation très brute, brutale et réaliste, rendant ainsi le tout bien plus viscéral que l’original. 

4 commentaires Ajouter un commentaire

  1. bennybooks dit :

    J’ai vu les deux versions et les deux sont biens.

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    1. tomabooks dit :

      Je confirme, mais sacrément éprouvant !

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  2. princecranoir dit :

    Pas vu cette version, seulement celle, déjà très éprouvante, avec Camille Keaton en 78.

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    1. tomabooks dit :

      Un petit moment que je ne l’ai pas vu. je ne sais pas si j’irais de suite me frotter à ce rape & revenge…

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