13 de Steve Cavanagh : mouais

Un jour, mon acolyte Chris Pleack s’est lancé dans la lecture de 13 de Steve Cavanagh et depuis ce jour sa vie à changer. Il a pu trouver en cet auteur le nouveau messie, celui qui lui dictera sa ligne de conduite pour les prochains mois. Mon ami s’est alors peu à peu transformer. Il a commencé par lire un autre roman de cet auteur et surtout à venir m’en parler presque tous les jours. On aurait dit un témoin de Jéhovah qui vient de prêcher la bonne parole. Face à son insistance, mon refus est arrivé. Il a fini par ne plus trop m’en parler, même si je sens bien que ça le démange et que c’est un sujet sensible. 

Vous imaginez sa réaction quand après des mois à m’en parler, je lui ai dit que j’allais le découvrir grâce aux Éditions Bragelonne qui viennent de le ressortir au format poche ? Et bah moi, j’avais peur. Peur qu’il se jette sur moi pour me tirer les vers du nez, peur d’en entendre parler encore toute la journée. Et bien vous savez quoi ? Il a été plutôt calme, même s’il a quand même voulu me censurer… 

Vous l’aurez compris. Aujourd’hui, je vous parle de 13 de Steve Cavanagh et vous allez enfin savoir si je fais finalement parti de la secte…

La 4eme de couverture

Rachel et Bobby Solomon formaient le couple le plus glamour d’Hollywood, ils avaient le monde à leurs pieds. Mais Rachel est morte, le crâne fracassé, et Robert se tient aujourd’hui dans le box des accusés.
À quelques heures du procès, la défense a appelé Eddie Flynn à la rescousse. En acceptant le dossier, l’ancien escroc s’est lancé dans la partie la plus difficile qu’il ait jamais eue à jouer. Car un homme l’observe, invisible, assis parmi les jurés. Tuer Rachel n’était qu’un début, son oeuvre peut véritablement commencer…

13 : mouais

Voilà, je ne vais pas vous faire languir plus longtemps. Non, je ne fais pas parti de la secte Cavanagh mise en place par mon bon vieux Chris. Du moins, pas encore. Il faudrait que je lise un roman supplémentaire pour m’en faire une véritable opinion ! Alors attention, 13 n’a pas été une mauvaise lecture, loin de là, je dois même dire que c’est plutôt correct et engageant. L’auteur te fait tourner les pages avec une facilité déconcertante, la plume est catchy, le tout est rythmé, si bien que tu restes plongé dans cette histoire. Je ne vous cache pas que j’ai dévoré ce livre en à peine deux petites journées (je remercie le confinement qui me permet de pratiquer ce genre d’activité), mais je n’ai pas ressenti ce petit frisson, cette petite frénésie de la lecture qui me fait lire en apnée de la première à la dernière ligne. Je ne sais pas si c’est parce que je me suis lancé dans cette lecture en me disant que ce n’était pas pour moi ou tout simplement parce que Chris me l’avait un peu survendu… Il n’empêche que l’excitation de la lecture n’était pas vraiment au rendez-vous et que j’aurais pu mettre le roman de côté pendant quelques heures sans que cela me gêne.
13 de Steve Cavanagh, c’est du grand divertissement qui t’en met plein les yeux. Il est indéniable que tout va vite grâce notamment à ce jeu d’échec qui se joue entre les deux avocats. Les personnages se transforment en véritables jongleurs des mots, de la répartie et du sens du spectacle. Parce que si le but, c’est de faire innocenter un homme ou alors de le faire plonger en prison, c’est aussi d’en mettre plein la vue aux jurys pour que le verdict joue en ta faveur. Il faut trouver la petite faille qui fera basculer le verdict et c’est assez plaisant à suivre. À travers ce sens du rythme, il y a aussi une part d’éducation dans ce roman, parce que Steve Cavanagh va nous parler du système judiciaire américain, de ses différences par rapport à celui que l’on connaît et le tout de manière didactique. J’avoue, j’avais peur d’être largué dans le jargon juridique, mais il n’en est rien ici. Par contre, je confirme. Je n’aime pas le thriller juridique… Je ne me suis pas passionné par cette affaire, par ce jugement. Je m’en foutais un peu du dénouement. J’étais un peu comme ce Jury qui attend de prendre son chèque et de partir au plus vite…

13-steve-cavanagh

Quand je disais que 13 était un roman divertissant, c’était aussi par rapport à ses nombreux retournements de situations. Il y en a tout de même un bon paquet et si certains sont repérables, d’autres vont te laisser la bouche ouverte durant quelques phrases. Parce que Steve Cavanagh a tout prévu, tout est millimétré comme dans un bon scénario, pour que tu ne lâche pas l’affaire. C’est un peu un grand huit, c’est du grand spectacle. Si certains retournements de situations sont repérables, cela n’enlève rien à leurs efficacités et cela ne dessert aucunement le roman. Au contraire, je dirais que ces situations relances les cartes et que le jeu reprend de plus bel. Je pense que pour aimer ce roman, il faut aimer les auteurs qui vont loin dans la surenchère, quitte à ce que tout cela devienne un peu ridicule. Je suis désolé, cela reste mon avis, mais j’ai trouvé que tout devenait de plus en plus gros, de plus en plus improbable. Alors oui, 13 est bien du divertissement qu’il faut prendre comme tel, il ne faut rien attendre d’autre au final.
Le souci, c’est que moi j’en attendais quand même quelque chose. Enfin, j’attendais une certaine profondeur dans l’histoire et je peux vous garantir que j’ai pas mal été déçu de cet aspect. J’ai trouvé que l’auteur n’allait pas au fond des choses et qu’il restait à la surface pour la plupart de ses personnages. Les buts de certains sont viables, parfois touchants, mais ils restent tout de même assez caricatural. Peut-être aurait-il fallu que je commence par le premier de la saga d’Eddie Flynn pour comprendre le personnage et pour m’attacher à lui. Je ne sais pas. On m’avait aussi parlé d’un tueur machiavélique et qui allait pas mal tuer, mais ce n’est pas vraiment ce que j’ai eu… Le machiavélisme est bien là et on nous le fait bien comprendre à coup de truelle. Le tueur est méthodique, froid, calculateur, mais on n’assiste jamais vraiment à ses actes et c’est ce qui m’a sorti du roman. J’ai même eu l’impression d’avoir le manuel du tueur parfait devant les yeux…


Du coup, j’ai envie de mettre 13 de Steve Cavanagh dans la liste des romans vite lus et vite oubliés. Je sais que ça va faire mal au petit cœur tout fragile de Chris, mais c’est comme ça. C’est aussi ça la force de la lecture. Avoir des avis divergents, des attentes, des envies et des sensations différentes. Je conseille tout de même de découvrir cet auteur parce qu’il y a quand même un beau travail sur les mots, sur le rythme et sur ce jeu d’échec oral. Si vous voulez avoir un avis totalement différent, je vous invite à lire la chronique de Chris.
Voilà, c’est tout pour moi. Bon confinement ! 

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