Surface d’Olivier Norek : Polar sympathique

Il y a toujours des auteurs qui nous échappent, qui n’arrivent que très rarement entre nos mains et qui pourtant on voit partout. Je pourrais vous en citer des dizaines, mais celui qui semble incontournable depuis déjà quelques années, c’est bien Olivier Norek. L’homme aux files d’attente aussi longue que celle de Céline Dion pour avoir une dédicace.
Olivier Norek, c’est peut-être aussi le nom que j’entends le plus lorsque l’on parle polar et thriller avec mon ami et acolyte Chris (c’est un grand fan). Quoi qu’il semblerait que la vedette soit prise en ce moment par un gars qui vient de Belfast.

Allez, j’arrête de partir dans tous les sens et je vous donne mon avis sur Surface, le dernier roman en date d’Olivier Norek. Un polar sympathique que vous pouvez retrouver aux Éditions Michel Lafon.

La 4eme de couverture

Ici, personne ne veut plus de cette capitaine de police.

Là-bas, personne ne veut de son enquête.

Surface : Polar sympathique

Je ne sais pas si je vais me faire que des amis avec cette chronique, mais bon je ne suis pas là pour cela. Je suis ici pour vous donner mon avis, en bien ou en mal. Ne vous inquiétez pas trop, ce n’est quand même pas la catastrophe ! Disons que je n’ai peut-être pas su capter toutes l’effervescence autour de ce titre ou alors c’est cette même effervescence qui a eu un impact négatif sur mon avis final. Que l’on soit bien d’accord d’entrée de jeu, Surface est pour moi un polar sympathique, avec un bon développement humain et une enquête sympathique. Rien de plus, rien de moins.
Alors qu’Olivier Norek nous avait habitué aux folles descentes de police de la BAC et des Stups dans ces précédents romans (sauf dans Entre deux mondes, si je ne dis pas de bêtises), ici l’auteur décide de nous emmener dans ses valises pour prendre quelques vacances dans l’Aveyron et plus particulièrement dans le village d’Avalone. Bon avant ça, il y a quand même eu un premier chapitre explosif (désolé pour le jeu de mot dont seul les lecteurs pourront comprendre). L’histoire partait bien avec cet incident, ces quelques semaines en rééducation physique et psychologique, puis les vacances, enfin en apparence.

Parce que Surface n’est pas un polar comme les autres. Il est assez loin de cette mode des enquêtes sanglantes et dérangeantes. Olivier Norek, il fait dans l’Humain et c’est ce qui se dégage en particulier de son histoire. On va suivre Noémie ou No, un cador de la police. Une femme blessée, que dis-je défigurée suite à une intervention qui s’est mal déroulée. Visage défigurée, une réputation qui vient de se faire, une femme meurtrie qui voit ses supérieurs prendre peur de son visage, mais aussi de ses réflexes et qui décident de la mettre au placard, enfin non au vert, dans l’Aveyron.
No, parce qu’il faut l’appeler ainsi depuis son accident et pendant sa reconstruction, arrive dans un trou perdu où tout le monde se connaît et où il ne se passe rien. Bien sûr, vous vous doutez bien que tout ça va vite changer, parce que sinon on ne serait pas dans un polar. Mais je n’en dirais pas plus. Dès lors, le roman reprend un peu ce côté enquête pour nous offrir une histoire de secret enfouie depuis des années et au fond de l’eau.
Olivier Norek va en profiter pour nous parler de nos campagnes, parce que l’Aveyron représente tout le monde. L’auteur nous aide à porter un regard sur cette police qui a peu de moyen, sur cette police qui voit ses casernes se fermer les unes après les autres puisqu’elles ne “servent à rien”. Surface, c’est aussi une vision de la campagne qui se meurt petit-à-petit, délaissée par les grands de la ville. C’est une campagne rurale qui tente de survivre avec des gros marchés qui virent au cauchemar. Ce sont des villages qui souffrent. Mais ce sont aussi des villages où le racisme est bien présent, mais pas pour toutes les parties du monde.

avis sur surface d'olivier norek

Je vous vois venir, vous vous dites que c’est plutôt un avis positif tout ça. Je ne vous donne pas tort sur ce coup.

Parce qu’Olivier Norek s’est y faire finalement. Il dépeint une situation touchante, peut-être même alarmante. J’ai vécu à la campagne et je sais ce que c’est. En plus, il a le chic pour proposer des personnages attachants, que ce soit son personnage principal ou les autres (quoi que certains tirent un peu du côté de la caricature). Je pense notamment à Noémie, enfin No, qui est une femme forte fragilisée par un terrible accident. J’ai apprécié suivre sa douleur, sa reconstruction et son envie de combattre pour retrouver son âme, son équipe.
MAIS, Surface ne m’a pas apporté ce petit frisson de l’enquête. J’ai trouvé que tout allait un peu trop vite dans les déductions finalement. Alors, c’est peut-être l’effet de l’enquête qui donne un nouveau souffle à cette ville d’Avalon, mais j’ai trouvé ça trop simpliste, trop facile, comme si l’auteur était resté en surface (elle est bonne hein ?). Comme si le roman était calibré pour être adapté pour une série de deux épisodes pour France 3. Ce n’est pas pour autant que le tout est mal écrit, bien au contraire. Olivier Norek a une plume directe, qui ose s’aventurer dans les descriptions de l’être et de l’âme. Tout ça fait, à mes yeux, de Surface un polar sympathique.


Ne me jugez pas avec vos torches. Je vous vois déjà en bas de chez moi. Ceci n’est que mon avis. Je vous invite à lire ce roman, parce qu’on y passe un moment agréable. Mais je suis loin du coup de cœur comme beaucoup d’entre vous. Je n’étais peut-être pas la cible ou alors j’en attendais autre chose.
Si vous voulez un autre avis, une autre approche de Surface, je vous invite à consulter l’analyse de Chris

3 commentaires Ajouter un commentaire

  1. D’abord, pas de lynchage en règle, quand bien même tu n’aurais pas aimé, ce qui n’est finalement pas le cas ! Moi j’avoue que j’ai beaucoup apprécié, surtout la part belle faite à l’humain, même si effectivement l’enquête est moins musclée que dans ces livres précédents. Mais j’avoue avoir bien ri avec ton introduction et la comparaison avec Céline Dion, parce qu’en effet, l’homme a une belle brochette de groupies (et je plaide coupable, j’en suis 😉)

    Aimé par 1 personne

    1. tomabooks dit :

      J’essaie toujours de rester objectif, même quand je n’ai pas apprécié un roman. Je ne suis pas là pour flinguer un roman ou un auteur, surtout que je ne suis pas capable de faire ce qu’ils font 😉.
      En comparaison, La dame de Reykjavik qui est un polar lent et à l’aspect humain plus développé m’a bien plus plu (il est même dans mon top 3 de l’année) ! Donc je ne sais pas pourquoi ça ne l’a pas fait…
      J’avais un peu raison alors ! Quel charmeur cet Olivier 😉

      Aimé par 1 personne

      1. C’est sûr que vu le travail derrière, il ne nous appartient pas de condamner un roman, mais le feeling est quelque chose de tout à fait personnel, et on a donc le droit d’aimer ou non un livre, tant que c’est dit avec respect (Et c’est le cas ) !

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